Enlevez les fous, messieurs. S’il vous plait.

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« Nous sommes piégés, en ce moment, dans une période de Carnaval sans fin, de chaos, dans une galerie de miroirs qui déforme la nature et la vie humaine ».

Je peux toujours compter sur la France pour m’offrir une nouvelle manière de réfléchir à la folie qu’est le « genre », et mon voyage cet automne n’a pas fait exception. L’impulsion cette fois-ci a été une visite à l’exposition temporaire du musée du Louvre, intitulée Figures du fou, qui peut être traduite de plusieurs façons en anglais, car en français, c’est un jeu de mots—fou peut se traduire par fou, idiot, ou simplement folie.

Dans l’exposition, nous faisons un voyage dans le temps, en commençant par la marginalia des manuscrits illustrés de l’époque médiévale, qui montraient des fous, basés sur des interprétations de la Bible, comme ceux qui rejettent Dieu, qui rejettent la vérité, qui défient l’ordre naturel de l’univers. Dans ces premières images, nous voyons à la fois des individus idiots et des monstres imaginaires (également représentés en sculpture, comme des gargouilles sur les cathédrales).

Au fur et à mesure que je poursuivais mon parcours à travers les œuvres d’art, les interprétations ont commencé à changer. De vraies personnes ont commencé à apparaître, représentées dans des portraits, des gravures sur bois, des dessins et des estampes. Les vrais fous avaient un rôle à jouer dans la société, en particulier dans les lieux réservés aux élites comme les cours royales. Les rois, reines, ducs et autres élites gardaient à la fois des fous « naturels » (personnes mentalement déficientes ou malades mentaux) et des fous « artificiels », ou bouffons, dans leur entourage.

An oil painting portrait of a laughing court jester in a yellow hood with pointed, ear-like flaps and a red-trimmed collar over a red garment. He peers through the spread fingers of his raised right hand, which partially covers his face in a peekaboo gesture, grinning broadly. In his left hand he holds a wooden marotte (a jester's mock scepter topped with a small carved fool's head wearing its own hood, with a red cloth draped from it) along with a pair of wooden eyeglasses or pincers. The background is plain dark green-black.
Portrait d’un bouffon
Cette peinture, réalisée par le « Maître de 1537 », montre un fou « fermant les yeux » sur quelque chose. Une interprétation de cette image est qu’un excès de tolérance entraîne une prolifération du mal.

Les fous ont joué tant de rôles au Moyen Âge et à la Renaissance qu’il me serait impossible de les résumer tous ici, et ce n’est pas le but de cet essai de toute façon, mais pour n’en citer que quelques-uns, les fous ont démontré les dangers de la luxure, de l’orgueil et de la remise en cause de l’ordre naturel. Dans l’art et dans la vie, ils existaient à la fois pour se divertir (en particulier dans les situations et les périodes de désordre social, comme le Carnaval, qui anticipait les privations du Carême), et pour mettre en garde contre les conséquences de la « folie » ou du péché. Parfois, ils reflétaient la bêtise ou le mauvais jugement de leurs grands maîtres et les faisaient reconsidérer. Comme le fou du roi Lear. Ou le fou de Lady Olivia dans La Nuit des rois. (« D’autant plus insensée, madone, que de pleurer l’âme de votre frère, étant au ciel. Enlevez la folle, messieurs ».)

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Les « fous » symbolisaient également la peur des gens face à l’instabilité mentale, ou la FOLIE. Il y avait même une tradition selon laquelle les fous étaient une race à part, littéralement. On les représentait souvent couvant des nids remplis d’œufs, d’où d’autres fous naissaient. Ces fous étaient différents des humains ordinaires, nés de mères féminines. J’aime penser que c’est une reconnaissance médiévale qui nier la réalité de la reproduction humaine et l’importance de nos corps sexuels est tout simplement de la folie.

A surreal Northern Renaissance-style painting (in the manner of Hieronymus Bosch) showing a large cracked eggshell floating in a barren landscape, its interior packed with a crowd of grotesque, gaping-mouthed figures singing from an oversized open songbook/musical score held up by two of them. The singers wear varied medieval headgear — a red cap, a tall pointed white hood, hoods and cowls — and appear to be shouting or wailing rather than singing melodiously. Around and beneath the egg: a monkey emerging from a hole in the shell, a masked figure playing a lute, a woven basket hanging from a dead tree branch holding trapped birds, an owl and a stork perched on bare branches, a ceramic jug, and a turtle and fish near the ground. The sky is a hazy orange-brown, with smoke or fire visible at the lower left. The overall tone is chaotic and mocking, satirizing foolish or discordant "harmony."
Le Concert dans l’œuf
Peinture du XVe siècle inspirée de Hieronymus Bosch.
Un groupe de fous jouant de la musique dans un œuf (car c’est de là qu’ils viennent).
Message : Lorsque les sages, ou les autorités, comme le moine et la nonne, s’abandonnent à l’envie et au vice,
ils deviennent des fous.

Et la folie, bien sûr, est le raccourci que beaucoup d’entre nous utilisent aujourd’hui pour décrire le moment culturel dans lequel nous nous trouvons en termes de « genre ».

J’ai mentionné le rôle que les fous jouaient pendant les périodes « à l’envers » comme le carnaval. Pendant ces périodes, les gens prenaient plaisir à voir de jeunes clercs donner des ordres aux cardinaux, les riches servir les pauvres, et les fous vénérés comme des sages. Et oui, parfois les hommes et les femmes échangeaient également leurs rôles. Mais tout cela était pour s’amuser, pour le plaisir de la comédie. Tout le monde le comprenait, et personne ne s’attendait à ce que cette inversion des rôles se poursuive après son temps imparti. Le chaos reviendrait à l’ordre. La vie telle qu’ils la connaissaient continuerait.

A detailed Flemish winter genre painting of a crowded village street scene in the snow. In the center, a group of well-dressed townspeople and clergy-like figures in dark robes gather around a small folding table, appearing to conduct business or a game (resembling a backgammon-style board). To the right, two men in white, feather-trimmed tunics and red caps walk on wooden legs/stilts made to look like crutches, mimicking beggars or cripples as part of a carnival mumming tradition, one with a real dog barking at him. Nearby, a woman in a pink cloak holds a child, other women carry baskets of eggs and food, a man rides a horse in the upper left with someone hanging off its side, and children and animals (a dog, chickens) fill the foreground. Brick houses, bare winter trees, and a distant church spire line the snowy street under a pale sky. A butcher's stall with hanging meat is visible on the right under an awning.
Carnival au village 
Peinture du XVIe siècle de Martin van Cleve.
Les mendiants portent des chapeaux de cardinaux et épinglent des queues de renard à leurs tuniques
pour imiter l’hermine des robes royales.

Évidemment, le changement social se produit avec le temps. De toute évidence, aucune femme moderne ne pense que nous devrions revenir aux rôles sexuels limités du Moyen Âge. Mais tandis que je parcourais le monde pictural de la folie, et parfois de l’horreur, que ces artistes des « fous » ont créé, j’ai commencé à réfléchir à l’idée que nous sommes piégés, en ce moment (surtout dans des pays comme le Canada, la Nouvelle-Zélande, la Belgique et maintenant l’Allemagne, où l’auto-identification de genre est la loi du pays est la loi), dans une période de carnaval sans fin, de chaos, une galerie de miroirs qui déforme la nature et la vie humaine. Nous ne pouvons tout simplement pas échapper à cette distorsion.

C’est de la « haine » de dire que les hommes ne sont pas des femmes. Vous êtes un bigot si vous ne pensez pas que les hommes devraient pouvoir détruire le sport féminin. Des violeurs dans des prisons pour femmes ? Comment pouvez-vous vous y opposer ? Après tout, les femmes trans sont des femmes. Mais, mais, disent ceux qui s’accrochent à la réalité matérielle, qu’en est-il de la science ? La biologie dit que les corps des hommes sont plus forts et plus rapides que ceux des femmes, que nous ne connaissons pas les effets à long terme des médicaments de castration chimique utilisés pour « mettre en pause » la puberté, et que le cerveau des jeunes ne termine pas son développement avant la vingtaine. Les statistiques disent que les « femmes trans » condamnées pour des crimes continuent de suivre des schémas criminels masculins.

« La science est réglée ! » hurlent les habitants du monde à l’envers. « Pas de débat ! »

Nous pouvons tous sentir, je pense, que les temps commencent à changer. J’en suis vraiment convaincue. De plus en plus de gens protestent qu’ils ne souhaitent plus vivre dans le monde des clowns. Ils en ont assez d’être obligés de prétendre qu’un infime pourcentage d’hommes avec un fétichisme ou des jeunes endoctrinés devraient contrôler la parole de tous les autres dans le monde. Et pourtant, et pourtant…

Cette semaine, je suis allée déjeuner avec des amis ici à Paris qui ont absolument refusé de me croire quand j’ai tenté de décrire les lois au Canada. Quand je leur ai dit qu’il y avait des violeurs dans des prisons pour femmes à travers toute l’Amérique du Nord. Ces personnes sont mes amis proches depuis près de 10 ans et ils ne me croyaient toujours pas. Ils ne pouvaient pas comprendre comment je pouvais soit raconter des mensonges aussi choquants, soit être assez stupide pour croire à une sorte de propagande d’extrême droite. Alors j’ai commencé à citer des rapports. Des statistiques. Des lois et jugements spécifiques. Je pouvais voir qu’ils ne me croyaient toujours pas. Comment, me suis-je demandé, échapper à cette folie ?

A carved and painted stone or terracotta relief plaque depicting the legend of Phyllis riding Aristotle. A young woman in a green gown with a jeweled necklace and white headdress sits astride an older bearded man, who is on his hands and knees like a horse, wearing an orange tunic. She raises a riding crop or switch overhead in her right hand, about to strike him, while gripping what appears to be a rein or strap looped around his head with her other hand. The style is worn, with earthy brown, green, and terracotta coloring typical of a late medieval decorative plaquette.
Aristotle et Phyllis
Décor du XVIe siècle illustrant la bêtise d’un sage (Aristote) qui est séduit et humilié par la maîtresse/épouse de son élève Alexandre. Morale : même les sages peuvent devenir des fous.

Alors, j’ai fait appel à l’autorité. Les médecins français. Les médecins français, ai-je dit, ne soutiennent pas la mutilation des enfants au nom de « l’affirmation du genre ». « Mais bien sûr ! » ont-ils répondu. Aux États-Unis, cependant, leur ai-je dit, un rapport récent indique que plus de 12 000 mineurs ont subi de tels traitements mutilants payés par leurs compagnies d’assurance. Beaucoup d’autres ont payé de leur propre poche pour obtenir les mêmes résultats horribles.

Ils m’ont simplement regardée, leurs fourchettes suspendues en l’air. Si les médecins français sont au courant de cela et s’y opposent, c’est tout à fait différent, je les ai sentis penser.

Le monde des clowns n’est pas un endroit agréable où vivre. Je ne prends pas particulièrement plaisir à faire comprendre aux gens que c’est maintenant notre maison. Et ce monde des clowns en particulier, avec cette bande particulière de « fous » aux commandes, n’est même pas un endroit agréable à visiter. Cela enlève tant du plaisir que nous avions l’habitude d’éprouver dans l’inversion des rôles. Je me souviens quand mes fils étaient beaucoup plus jeunes, un Halloween, eux et leurs amis s’étaient déguisés en filles. Robes, perruques et maquillage, c’était hilarant. L’un d’eux, acteur, jouait une femme, à la Kids in the Hall, dans diverses présentations théâtrales. Mon mari a même fait une parodie criante de Meryl Streep dans Mamma Mia. Encore une fois, tellement, tellement drôle.

Nous avions l’habitude de répondre aux hommes déguisés en femmes par des rires. C’était pour s’amuser, pour faire rire. Personne ne le prenait au sérieux. Tout le monde savait que la vie redeviendrait normale. Dave Foley et Bruce McCulloch enlèveraient leurs robes et redeviendraient eux-mêmes. Mais en ce moment de folie, quand les « fous » dirigent le monde, ce n’est tout simplement plus drôle. Tant que ceux d’entre nous qui s’accrochent à la réalité matérielle refusent de céder, refusent d’être contraints, refusent d’admirer les habits de l’empereur, il y a de l’espoir. J’y crois. J’y crois vraiment.

An oil painting of a melancholic court jester sitting alone in an ornate wooden chair in a dimly lit room. He wears a red jester's costume with a pointed, bell-tipped cap, red tunic, and red hose, and sits with legs outstretched, hands clasped in his lap, staring down with a troubled, brooding expression rather than smiling. Beside him is a table draped in gold brocade cloth, scattered with papers and an open book or letter, next to a tall white pillar-like object (possibly a candle or vase) near a window with a dark green curtain. Through a gap in a red curtain on the right side of the painting, a brightly lit scene of courtiers in elaborate robes can be seen celebrating in an adjoining room, oblivious to the jester's distress. A jester's baton or scepter with bells lies discarded on the floor near his feet. The contrast between the jester's isolated worry and the oblivious festivity behind him is the central visual tension of the piece.
Stańczyk durant un bal à la cour de la reine Bona après la perte de Smoleńsk
Peinture du XIXe siècle de l’artiste polonais Jan Matejko.
Le bouffon pleure la perte d’une ville polonaise au profit des Russes, tandis que les courtisans dansent.Matejko utilise cette image d’un bouffon à la cour polonaise en 1514 pour montrer qu’une fois encore, le fou peut être sage et les élites peuvent être des fous.

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Anne Marie
Anne Marie
L’autrice Anne Marie est une artiste vivant au Canada atlantique qui ne cessera pas de se battre contre l’idéologie du genre tant que les droits fondés sur le sexe de sa petite-fille ne seront pas respectés par les gouvernements fédéral et provinciaux canadiens.
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