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Mayday dans la capitale du Canada — ou, Les jeunes sur la colline (ne vont pas bien)

  • Katherine Jameson Digby
  • il y a 3 minutes
  • 24 min de lecture

par Katherine Jameson Digby

Mayday dans la capitale du Canada : Image titre

Un témoignage direct de la journée de mobilisation « Mayday Canada — Enfants en crise ! » à Ottawa, par l'intrépide correspondante sur place de Gender Dissent, Katherine Jameson Digby



OTTAWA − L’événement inaugural de « Mayday Canada » a eu lieu le mardi 5 mai 2026 à Ottawa. Il s’agissait d’un événement organisé par Jeff Evely, avec le soutien de Hands Off Our Kids, Genspect Canada, LGB Alliance Canada, Detrans Alliance Canada, Genspect Canada, Veterans 4 Freedom, Canadians for Truth, et Mama Bears.


Mayday dans la capitale du Canada : logo

Jeff Evely est un vétéran avec vingt ans de service dans les Forces armées canadiennes. Il a été co-organisateur des deux manifestations Million March for Children (Manifestation d’un Million pour les Enfants) qui se sont déroulés d’un bout du pays à l’autre en septembre 2023 et 2024.  Jeff est aussi porte-parole pour Hands Off Our Kids (Ne touchez pas à nos enfants).


Quand Jeff Evely a été déployé en Iraq en 2019, sa fille a eu ses seize ans, l’âge légal de consentement pour les soins médicaux en Ontario. A cette époque, l’Hôpital des Enfants de l’Est de l’Ontario a commencé à contacter la fille de Jeff, afin de l’encourager à venir à leur Clinique Pédiatrique de Genre, et à recevoir des traitements médicaux pour son « genre. » Jeff n’a pas eu de contact avec sa fille pendant les trois dernières années.


Scott Newgent a co-organisé Mayday. Scott est une femme du Texas qui s’identifie comme transgenre, et qui a entrepris des traitements médicaux en 2015, à l’âge de quarante-deux ans. Scott a subi des complications de santé sévères, le tout documenté dans le film de Matt Walsh « What is a Woman? » (Qu’est-ce qu’une Femme?). Scott a fondé “TReVoices,” un groupe qui rassemble des éducateurs qui s’identifient comme trans et qui s’opposent à l’activisme du genre, et qui cherchent d’ailleurs à éduquer les politiciens et les familles sur la réalité de la médicine pédiatrique de genre. Scott a fait une soumission écrite au Comité Permanent des Affaires Juridiques et Constitutionnelles Canadiennes à l’égard du projet de loi C-4, La Loi modifiant le Code criminel (thérapie de conversion.)



Mayday a rassemblé des noms bien connus sur la scène « genre » au Canada :  Mia Hughes, directrice à Genspect Canada, auteure du dossier WPATH (Association Mondiale Professionnelle pour la Santé Transgenre) et chercheure principal à l’Institut Macdonald Laurier.  Il y avait ensuite Barry Neufeld, ancien commissaire d’école, contre qui une amende de $750 000 a été imposée pour son opposition à l’introduction de l’idéologie du genre dans les écoles de la Colombie britannique, puis Chris Fleury, avocat constitutionnel qui représente caWsbar (Droits des Femmes Canadiennes Basés sur le Sexe) dans sa contestation judiciaire contre la politique du Service correctionnel Canada de permette aux hommes biologiques d’être logés dans les prisons pour femmes, ensuite Kellie-Lynn Pirie, fondatrice de Detrans Alliance Canada, Faith Groleau, un détransitionneur qui s’identifiait comme trans entre 2017 et 2022, et Anne Gillies, un thérapeute retraité.


Le matin de Mayday : Conférence de presse

Mayday a commencé à 10h30 le mardi 5 mai 2026, dans le Bloc Ouest des Édifices Parlementaires du Canada, avec une conférence de presse pour présenter les conférenciers ci-haut. Chacun a résumé ses raisons pour soutenir un examen beaucoup plus minutieux de la part du gouvernement, à l’égard de la médecine pédiatrique du genre au Canada. Les médias qui couvrent les affaires parlementaires ont été invités à la conférence de presse, et CTV, City News at 1PM, et le Western Standard ont accepté de venir.


Jeff Evely prend la parole lors de la conférence de presse de Mayday Canada dans l'édifice de l'Ouest.


Mia Hughes porte son message au Parlement.


La conférence de presse a été suivie d’une manifestation sur la colline parlementaire à 13 heures. Puisque je n’avais pas les lettres de presse nécessaires pour assister à la conférence de presse à 10h30, je me suis présentée au Parlement à 11h30, avec l’intention de manger mon dîner et d’absorber un peu de soleil avant l’événement. 


L'après-midi de Mayday : Rassemblement, interviews et — oh là là — discussions !


Ma première interaction a été un rappel des raisons pour lesquelles un événement comme celui-ci est nécessaire, afin d’informer le public des conséquences de l’idéologie du genre. J’attendais mon tour pour passer par la grille à l’entrée de la colline parlementaire. Une femme dans sa soixantaine passait par la grille devant moi, les bras chargés de sacs pleins, quand son chapeau s’est envolé. J’ai tenté une plaisanterie, chargée comme j'étais avec les affaires dont je croyais avoir besoin pour mon rapportage sur l’événement Mayday.


Je lui ai dit, « Les manifestations exigent beaucoup d’équipement! »


Elle m’a répondu d’un ton plutôt réprobateur, « Je suis ici pour la Journée des Robes Rouges, afin de sensibiliser le public sur les Femmes et les Filles Autochtones Disparues et Assassinées. »


« Ah,» j’ai répondu, un peu honteuse, « Je suis ici pour une raison alliée.  Mon groupe cherche à exclure les hommes des prisons pour femmes, et à empêcher l’enregistrement de crimes commis par des hommes comme crimes commis par des femmes. »


Toute semblance d’amitié s’est vidée de son visage. « Mais vous n’êtes pas anti-trans? » elle m’a demandé.


J’ai répondu « Nous soutenons le droit de tous de s’exprimer comme ils veulent, mais nous ne soutenons pas le logement d’hommes dans les prisons pour les femmes, quelle que soit « l’identité » de l’homme ».


« Mais les Hommes Trans sont de Femmes! » elle m’a répondu, avec toute la conviction imaginable.


« Vous avez raison », j’ai dit, m’interdisant par politesse de lui demander si elle n’avait pas recité le slogan à l’envers.


Et puis elle a conclu en disant “Je ne veux pas vous parler » et elle m’a quittée.


C’était un début logique pour la journée, résumant précisément la position progressive publique canadienne à l’égard du genre.

  1. La sécurité des femmes est une bonne idée, pourvu qu’elle ne compromette pas l’accès masculin aux espaces féminins.

  2. En cas de doute, récitez un slogan, même si vous ne le comprenez pas.

  3. En cas de désaccord, filez le camp.


En tout cas, à midi, j’avais rencontré mon groupe de dames du chapitre outaouais des Droits de Femmes Canadiennes Basés sur le Sexe. A midi et demi, nous nous sommes trouvées sur la colline parlementaire, où les orateurs et les partisans du mouvement Mayday se rassemblaient. D’autre médias indépendants tels que Juno News et Le Verbe étaient présents.


Je voulais parler avec autant de manifestants que possible. Ma première entrevue était avec Kellie-Lynn Pirie, fondatrice de Detrans Alliance Canada. Kellie-Lynn est étudiante au séminaire de l’université Trinity Western, à Langley en Colombie britannique. Elle espère obtenir le titre de chapelain avec les Frères Mennonite, une dénomination si traditionnelle qu’elle n’ordonne pas les femmes ni les personnes gaies.


Mayday dans la capitale du Canada : KJD s'entretient avec Kellie-Lynn Pirie

Photo: Gender Dissent


Kellie-Lynn m’a expliqué que Trinity est l’établissement postsecondaire le moins dangereux pour un détransitionneur comme elle. Elle estime qu’elle serait mal acceptée sur les campus des universités les plus connues en Colombie britannique, telles que l’Université de la Colombie britannique, l’Université de Victoria, et l’Université Simon Fraser.


Mayday dans la capitale du Canada : KJD s'entretient avec Howard Kwan

Photo: Gender Dissent


Ensuite j’ai parlé avec Howard Kwan, que j’ai reconnu de la manifestation de Billboard Chris, qui a eu lieu en avril 2025, à l’École Publique Broadview à Ottawa. Il s’avère que Howard est un vétéran chevronné du monde des manifestations à Ottawa. Il m’a dit que presque chaque fin de semaine il est sur la colline parlementaire afin de participer à une gamme d’actions politiques. Howard avait plusieurs douzaines de placards légers faits maison, sur le sujet de l’Idéologie du Genre, et d’autres sujets politiques.


Mayday dans la capitale du Canada : Les panneaux d'Howard Kwan

Photo: Gender Dissent


L’activisme de Howard trace ses origines à la pandémie, et maintenant il soutient plusieurs causes, sans être membre engagé d’un groupe particulier. Howard a souvent été victime d’agressions provenant d’autres manifestants, mais il croit que ce genre d’agression a connu son apogée en 2022-23, quand les restrictions de la pandémie se sont amoindries, et les gens émergeaient de deux ans d’isolation sociale. Howard avait aussi des potins croustillants à propos d’autres manifestants politiques. Il soupçonne que certains sont payés comme agents provocateurs.


Puis j’ai eu l’occasion de parler avec Jeff Evely lui-même, et je lui ai demandé si cet événement était le tout premier Mayday Canada. Jeff a répondu qu’il avait été profondément engagé dans l’organisation de la Manifestation d’un Million pour les Enfants, qui a eu lieu en septembre 2023 et 2024, mais que c’était la première fois qu’il avait organisé un événement au mois de mai. Il a reçu beaucoup de demandes de ses partisans de monter de tels événements dans d’autres villes du Canada.


Mayday dans la capitale du Canada :  KJD s'entretient avec Jeff Evely

Photo: Gender Dissent


L’intention de Jeff, c’est d’établir Mayday Canada comme association sans but lucratif, ce qui aidera avec l’organisation. J’ai remarqué que j’avais assisté aux deux Manifestations d’Un Million pour les Enfants, et que j’avais eu l’impression qu’il y  avait dix mille manifestants en 2023, contre seulement cent manifestants en 2024. L’observation de Jeff était que l’élément multiconfessionnel de la Manifestation d’un Million n’était plus possible après les événements du sept octobre 2023, et que ceci explique la diminution des nombres de manifestants.


Ensuite j’ai échangé quelques mots avec Scott Newgent, qui m’a expliqué que le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a cherché récemment à limiter le soutien financier public pour les traitements médicaux de genre, mais que le vide a été comblé par le « Centre Crane, » une clinique privée à but lucratif, qui offre la pleine gamme de procédures liées au genre, sous la gestion d’un membre du Conseil de WPATH, Curtis Crane.



Un de mes objectifs à Mayday était de prendre note des contre-manifestants qui se sont rassemblés pour s’opposer au message Mayday. Dans le passé, ces contre-manifestations ont été soutenu par de grandes institutions publiques, telles que le Conseil Scolaire Public d’Ottawa-Carleton (OCDSB).


Voici un exemple d’un appel à l’action que le Centre de Santé Communautaire Centretown d’Ottawa a affiché en septembre 2023, afin d’encourager ses patients de participer dans la manifestation contre la Manifestation d’un Million pour les Enfants :


Mayday dans la capitale du Canada : KJD s'entretient avec Kellie-Lynn Pirie

Panneaux d'Howard Kwan

Déclaration du CSCC concernant la Marche d'un million de personnes pour les enfants, 2023

Déclaration sur la « Manifestation d’un Million pour les Enfants »


Le Centre de Santé Communautaire Centretown condamne la « Manifestation d’un Million pour Enfants » qui a lieu dans notre ville aujourd’hui, le mercredi 20 septembre. Nous encourageons les gens à participer, s’ils peuvent, de manière sans risque, dans la contre-manifestation organisée par Community Solidarity Ottawa.


Cet événement fait partie d’une marée montante d’homophobie et de transphobie. Les enfants trans et de genres divers sont déjà exposés à un risque accru de suicide, par rapport aux autres enfants, à cause de stigmatisation sociale. Les groupes comme ceux qui organisent cette manifestation cultivent cette stigmatisation et nuisent aux enfants qu’ils déclarent vouloir protéger.


Le CSCC appuie les gens 2SLGBTQ+ comme groupe prioritaire depuis le début des années 2000, et nous sommes maintenant un fournisseur de soins de santé trans dans cette région. Notre travail est d’autant plus difficile qu’il y a un manque d’investissement de nos financeurs provinciaux, mais notre personnel est passionné par le service aux gens « queer ». Nous vivons dans une époque difficile, mais si chacun fait sa part, ça s’améliorera.


Notre devoir est envers ces enfants, de les défendre et de dire « Nous sommes là avec vous. »


Protégez les enfants trans.


Quand Chris Elston, autrement connu comme “Billboard Chris”, est venu à Ottawa en avril 2025, le nombre de manifestants de chaque côté était plus ou moins égal, comptant peut-être cent personnes de chaque côté à son apogée, et chaque côté comptait des noms connus. Du côté “critique de genre” nous avions Chris lui-même, Maxime Bernier, chef du Parti Populaire du Canada (et ceci, trois jours avant une élection fédérale,) Mia Hughes, et Shannon Boschy.


De l’autre côté du débat, on comptait l’ancien membre du parlement provincial pour Ottawa Centre, Joel Harden, et deux conseillers municipaux, Ariel Troster et Jeff Leiper. Les drapeaux de trois syndicats étaient visibles du côté “trans” de la rue : l’Alliance de la Fonction Publique du Canada, la Fédération des Enseignants Primaires de l’Ontario, et l’Association Canadienne des Employés Professionnels.


Mayday dans la capitale du Canada : Manifestations de CAPE contre Billboard Chris

Extrait d'une publication Instagram d'Horizon Ottawa : « Hier, des dizaines de membres de la communauté se sont rassemblés pour faire face à des manifestants transphobes. « Billboard Chris » a invité d'autres agitateurs d'extrême droite et des membres du Parti populaire du Canada, dont Maxime Bernier, à déverser leur idéologie haineuse devant deux écoles de l'avenue Broadview. Solidarité communautaire Ottawa a organisé la contre-manifestation « Noyer la haine », et nous avons tenu bon pendant près de quatre heures jusqu'au départ des militants d'extrême droite. »


La manifestation pro-trans a employé toute la stratégie qui est vite devenue universelle dans les villes riches de l’Occident où le Genre est maintenant endémique :  on conseille aux manifestants de se cacher autant que possible, derrière des drapeaux, des parapluies et des masques chirurgicaux. On leur dit de créer autant de bruit que possible, et d’éviter à tout prix de parler aux médias ou à l’opposition.


Mayday dans la capitale du Canada : Reportage de Rebel News sur la manifestation devant l'école publique Broadview à Ottawa, avril 2023

À regarder : Couverture par Rebel News de la manifestation devant l’école publique Broadview à Ottawa, avril 2023


Comparons maintenant ces événements de 2023 et 2025 à Mayday : au début, mes ambitions le 5 mai 2025 se limitaient à photographier les pancartes et les drapeaux qui indiquaient le soutien officiel des entreprises et des associations pour la contre-manifestation.  Pourtant, a 13h30, la seule contre-manifestation qui s’était rassemblée était un groupe d’environ vingt jeunes personnes, à deux cents mètres de distance, sans aucune identification à part leurs capes trans et leur cheveux colorés. J’ai demandé à mes collègues caWsbar si elles appuyaient que j’entreprenne un entretien avec l’opposition.  Une d’entre elles a signalé qu’il y avait deux jeunes personnes assises sur la pelouse qui avait l’air plutôt ouvertes à la discussion.


Mayday dans la capitale du Canada : Les jeunes sur la colline

La contre-manifestation arrive, nettement moins importante que les précédentes manifestations organisées à Ottawa pour contrer le mouvement de réalisme sexuel et de protection de l'enfance. (Le bureau du Premier ministre se trouve dans l'immeuble anciennement connu sous le nom d'îlot Langevin, derrière.)Photo: Gender Dissent


Alors j’ai approché les jeunes sur la pelouse, disant que j’écrivais un article pour Gender Dissent, et que je voulais entendre leur perspective sur la manifestation, afin d’informer nos lecteurs. Un d’entre eux s’est identifié immédiatement comme “trans” et m’a donné le nom “Moss”. J’avoue que j’avais catalogué Moss comme masculin, mais j’étais obligé d’interroger cette impression quand Moss a commencé à parler de ses doses de testostérone.


Moss m’a dit, que, sans interventions médicales pour son genre, Moss serait dans une “dépression profonde.” Moss a raconté son cheminement en tant que personne trans à partir de sa septième année à l’école, à l’âge de douze ans, au début de la pandémie.  Rendu à l’âge de quinze ans, Moss a été diagnostiqué comme anorexique, ce qui a mis Moss sur la “liste prioritaire pour la testostérone. »


Dans l’expérience de Moss, il y avait un délai de deux ans avant d’être accueilli par l’Hôpital des Enfants de l’Est de l’Ontario, et puis il y a eu une période d’évaluation après l’accueil. En d’autres mots, Moss n’a pas été offert de drogues lors de sa première visite.


Moss prend maintenant de la testostérone, rendu possible par l’assurance médicale complémentaire de ses parents, employés par le gouvernement fédéral et l’armée.  D’après Moss, l’HEEO “préfère” que les patients attendent l’âge de dix-huit ans avant d’entreprendre la « chirurgie supérieure, » et la chirurgie est offerte sur place par l’HEEO. Moss ne savait pas si l’HEEO offrait la “chirurgie supérieure » aux patients masculins.


J’ai demandé si Moss était en contact avec d’autres jeunes qui recevaient des traitements médicaux pour le genre, et s’il y en avait qui avaient changé d’avis.  Moss connaissait une telle personne.


La compagne de Moss était une femme qui avait l’air plus âgée que Moss.  Elle m’a informé qu’elle travaillait dans le domaine de l’Éducation de la Petite Enfance, et elle comprend donc l’importance de faciliter les transitions juvéniles.


Mayday dans la capitale du Canada : Extrait du site Web du Conseil scolaire du district d'Ottawa, Foire aux questions pour les personnes 2SLGBTQ+

Extrait du site Web du Conseil scolaire du district d'Ottawa, Foire aux questions pour les personnes 2SLGBTQ+


J’ai remercié ces deux personnes pour leurs contributions et j’ai approché ensuite le groupe principal de manifestants.


Parmi eux, il avait une absence de murs-drapeaux, de parapluies, et de porte-voix, qui caractérisaient les autres manifestations trans des années précédantes. La plupart des contremanifestants avait l’air féminin, mais, bien sûr, le but des traitements de genre est de rendre la distinction difficile. Personne n’avait l’air d’avoir plus de trente ans, et il n’y avait aucun placard ni bannière pour identifier leurs associations.


J’ai demandé si quelqu’un voulait parler au nom du groupe, et un beau jeune type dans un sweat-shirt fuchsia a répondu qu’il était prêt à me parler. J’ai demandé si le groupe était associé à un organisme quelconque, et il m’a répondu qu’il avait compris qu’ils se sont tous présentés indépendamment les uns des autres. Il était lui-même membre du Parti Néo-Démocrate.


Quand je lui ai demandé la nature de son opposition à la manifestation, il m’a répondu que « la communauté queer » (et ici il a indiqué la foule Mayday?!) a échoué dans son devoir de soutenir les personnes trans. J’étais surprise d’entendre les manifestants Mayday décrits comme « la communauté queer ». (Alors Mayday était « queer » mais pas la bonne sorte de « queer », or les gens queer avec des idées incorrectes?) J’étais mal préparée d’entendre notre côté loué comme “queer,” donc j’ai remercié Monsieur Sweat-Shirt-Fuchsia, et j’ai retourné de mon côté, me sentant encore plus perplexe.


Une fois que j’ai regagné le côté “Mayday” du champ, le petit groupe de manifestants trans avait décidé de réduire la distance entre les deux groupes à environ trente mètres, et de reciter des slogans. Nous les avons encouragés de nous approcher et d’engager dans un dialogue, mais ils hésitaient.


J’ai décidé donc de retourner vers les contre-manifestants et de leur demander encore si quelqu’un voulait me parler. Cette fois-ci mon offre a été acceptée par une personne qui s’est identifiée comme “Alex.” Alex était plutôt diminutif, et, malgré la voix basse et le visage un peu poilu, je me sentais confiante que je parlais avec une femme. Alex avait de longs cheveux, donc j’ai spéculé qu’Alex s’identifiait peut-être comme “non-binaire”.


Mayday dans la capitale du Canada : KJD s'entretient avec Alex

Photo: Gender Dissent


Alex avait huit ans de plus que Moss, et peut-être en conséquence, avait une perspective plus large sur la question de genre. Alex a commencé à s’identifier comme trans en 2015, à l’âge de quinze ans, et a commencé des traitements médicaux en 2028, à l’âge de 19 ans. 2018 est l’année où la province de l’Ontario a élu un gouvernement Conservateur, après quinze ans de gouvernance Libérale. Alex m’a dit que les Conservateurs ont enlevé la testostérone de l’«Assurance-santé Plus de l'Ontario, » un programme qui permettait aux jeunes jusqu’à 24 ans de profiter d’une couverture médicale étendue, sous le programme d’assurance-santé ontarienne. Donc, d’après Alex, la testostérone est devenue moins accessible du point de vue financier, depuis 2018.


Alex est venu(e?) à la manifestation pour défendre les droits trans. J’ai demandé lesquels, et Alex m’a répondu, le droit aux soins de santé. J’ai dit à Alex que je comprenais que l’accès aux services médicaux liés au genre, étaient limité en Ontario, mais j’ai demandé si Alex connaissait les gens à qui les services de santé non-liés-au-genre étaient refusé basé sur leur identité trans. J’ai trouvé cette distinction pertinente, puisque notre radiodiffuseur public national, Radio Canada, fait souvent allusion au refus des services médicaux pour les gens trans, sachant très bien que la plupart des auditeurs vont l’interpréter comme discrimination dans le contexte de soins médicaux réguliers, basé sur leur identité trans.  Alex n’avait pas d’exemples, parmi ses connaissances, de gens à qui les soins de santé réguliers ont été refusé basé sur leur identité trans.


Alex connaît beaucoup de gens qui s’identifient comme trans – la plupart de ses amis sont trans. Tous ceux parmi ses connaissances qui prennent des hormones synthétiques les ont acquis par ordonnance, et non pas en ligne ou dans la rue. D’après l’expérience d’Alex, il y a beaucoup de suivi pour les patients qui prennent des hormones, comme des tests de sang et des analyses de la densité osseuse. La dose d’hormones est réglée constamment selon les résultats des tests. Alex a entendu parler de gens à qui les hormones ont été refusé à cause de préoccupations de santé comme la densité osseuse ou la déficience minérale. La plupart des patients qu’Alex connaît, vont au Centre de Santé Communautaire de Centretown, mentionné ci-haut.


Alex a subi du harcèlement dans la rue, comme les gens qui lançaient des bouteilles d’eau, ou qui l’insultaient avec des termes comme « tapette ». J’ai assuré Alex que tout le monde avec qui j’avais parlé de l’autre côté du débat à Mayday condamne le harcèlement contre les gens basé sur leur apparence, et ne soutiendrait jamais ce type de persécution.


Pendant que je terminais ma conversation avec Alex, j’ai fait demi-tour, et j’ai vu que plusieurs manifestants Mayday sont venus parler avec les jeunes qui s’identifiaient comme trans. Plusieurs conversations se déroulaient, avec beaucoup de désaccord, mais aucun cri ni de menace. Une demi-douzaine de policiers nous surveillait, mais n’avaient aucune raison d’intervenir.


Mayday dans la capitale du Canada : Des conversations ont eu lieu

Personne n'a été blessé lors de cette séance photo ! Un dialogue civil a eu lieu entre les organisateurs/partisans de Mayday et des jeunes s'identifiant comme transgenres sur la Colline du Parlement, le 5 mai 2026. Photo: Gender Dissent


Il sonnait maintenant quinze heures, et nous avions promis de rencontrer d’autres associées caWsbar pour un souper tôt, avant la conférence Mayday prévue pour le soir. Le matin ensoleillé s’était assombri, et quelques gouttes de pluie tombaient, donc j’étais contente de trouver de l’abri, et d’échanger des notes avec d’autres associées caWsbar qui étaient venues à la manifestation.


Soirée de Mayday : la conférence

A 17 heures, nous nous sommes présentés au lieu de la conférence:  L’Église des Motards (Capital City Biker’s Church), dans le quartier Vanier d’Ottawa, de l’autre côté de la rivière Rideau, à l’est du centre-ville. L’Église de Motards a fait honneur à son nom: à l’entrée, une vingtaine de motards montaient la garde sur les escaliers, vêtus de tenues d’apparat assorties.


Mayday dans la capitale du Canada : Photo de l'église des motards de la capitale, tirée d'un article du Ottawa Citizen de 2018

Un fidèle, arborant fièrement tous ses écussons, attend une boisson au bar du café pendant un office à la Capital City Biker's Church. Photo: Ottawa Citizen d'après un article de 2018.


L’intérieur de l’Église des Motards se divise en quatre parties égales :  à l’entrée, à gauche, il y a un café, et à droite, une boutique de souvenirs. La seconde partie contient des chaises rangées dans les bancs traditionnels d’une église. La troisième partie est rangée comme pour un club de souper :  des tables circulaires pour huit personnes environ, chacune avec une nappe noire et une chandelle. Et enfin, une scène, ou « le chœur » en termes ecclésiastiques, pour les présentateurs.


Il y avait une heure au début, pour circuler et faire du réseautage, avant les présentations, et les médias indépendants étaient actifs à obtenir des entrevues.



Ensuite, Jeff Evely a souhaité la bienvenue à tous, et a présenté la première conférencière :  Mia Hughes. Mia est bien connue parmi les lecteurs de Gender Dissent, ayant publié le Dossier WPATH en mars 2024. Mia a parlé de l’asymétrie du débat de genre, avec ceux du côté de la science, ayant à contrer des slogans, plutôt que de l’évidence, provenant de l’autre côté. Mia a décrit le Canada comme de plus en plus isolé sur la scène globale, pendant que d’autres pays abandonnent les lignes directrices de WPATH.


Le prochain à parler était Chris Fleury, l’avocat qui représente caWsbar (Droits fondés sur le sexe des femmes canadiennes), dans sa contestation judiciaire contre le Service correctionnel Canada, de la part des femmes qui sont incarcérées avec des prisonniers masculins. La politique (Directive du commissaire 100) qui consiste à placer les hommes dans les prisons pour femmes, basée sur une identité de genre, a ses origines dans l’adoption du projet de loi C-16 en 2017. C-16 a ajouté l’identité de genre et l’expression de genre aux motifs de discrimination interdits dans l’Acte des Droits Humains Canadiens. La contestation judiciaire est dans ses phases préliminaires, et jusqu’à maintenant, caWsbar n’a pas été appelé pour présenter devant le tribunal.


« Fleury a été on ne peut plus clair : ces lois ne protègent pas les enfants, elles les mettent en danger. Il a réclamé l’abrogation immédiate des projets de loi C-4 et C-16, le rétablissement intégral de l’autorité parentale et des contestations audacieuses de la Charte pour responsabiliser les gouvernements. » Free Speech Media @mikebayerdotcom


Continued below

FLASH INFO!

Quelques jours après la soumission de ce rapport à Gender Dissent, les défenseurs des droits des femmes fondés sur le sexe à travers le Canada ont célébré une victoire importante vers le rétablissement de la sécurité et de la dignité de certaines femmes et de certains enfants.


Suite

Chris a été suivi par Kellie-Lynn Pirie, qui a rendu un compte incroyablement personnel de son enfance dans une maison avec un pédophile reconnu coupable, et sa conclusion à un âge très jeune, qu’elle aurait mieux fait de naître garçon. En 2004, à l’âge de 38 ans, Kellie-Lynn sortait d’une vie de drogues et d’alcool, et elle est devenue enchantée par l’idée de transitionner en tant qu’homme.  Elle a passé dix-sept ans à vivre comme un homme trans, et elle s’est impliquée dans la sous-culture sadomasochiste qui dominait la communauté trans à cette époque à Vancouver.  Kellie-Lynn a subi une mastectomie et une hystérectomie. Elle a maintenant fondé Detrans Alliance Canada, qui se développe lentement mais sûrement.


Anne Gillies était la prochaine à parler. Elle a décrit l’idéologie du genre comme un élément d’un problème plus vaste, c’est-à-dire le démantèlement des structures familiales, encouragé par l’Internet. Dans son travail clinique comme conseillère, elle a vu la dysphorie du genre comme symptôme de détresse non traité. Anne a observé l’interruption du développement cognitif chez les adolescents, causé par les bloqueurs de puberté, qui empêchent la maturation qui permettraient aux plupart des adolescents de surmonter leur sentiment de dysphorie.



Barry Neufeld est monté sur scène:  à l’âge de 78 ans, il était le plus âgé de tous les présentateurs. Barry a travaillé toute sa vie comme agent de libération conditionnelle, le mettant souvent en contact avec des délinquants sexuels. Barry a raconté la tendance des femmes et des copines des pédophiles connus, de défendre et de justifier le comportement de l’homme. Cette expérience a convaincu Barry de la nécessité des règles de sécurité dans les institutions. Dans son rôle de commissaire d’école à Chilliwack en Colombie britannique, Barry a fait opposition à l’introduction de l’éducation “Orientation Sexuelle et Identité du Genre,” connu sous le nom de SOGI 123. La Commission des Droits Humains de la Colombie britannique a infligé une amende de $750 000 contre Barry, alléguant que son opposition à SOGI équivaut à un discours de haine.


Barry Neufeld évoque les similitudes qu'il a observées, en tant qu'agent de probation, entre les promoteurs de l'idéologie de l'identité de genre et les familles dysfonctionnelles qui abritent des délinquants sexuels. Video: Gender Dissent

Ensuite nous avons entendu le témoignage d’Athena Davis, qui représentait Genspect Canada et l’Alliance LGB. Elle a partagé l’histoire de Gabrielle, une jeune fille lesbienne, dont la copine l’a convaincu à l’âge de quinze ans de chercher une transition médicale. Après deux rendez-vous de trente minutes, Gabrielle a été approuvée pour une mastectomie, qui a été réalisée quand elle a eu ses seize ans. Ceci a été suivi d’une hystérectomie à vingt ans. Gabrielle est maintenant en pleine ménopause dans sa vingtaine, et elle éprouve encore plus de dysphorie.


Athena a parlé aussi de l’annulation récente du film Génération Trans, réalisé par le cinéaste indépendant québécois Jean-Pierre Roy. Le film devait être projetée le 30 avril au Cinéma Cartier à Québec, mais a été annulé grâce à un torrent de menaces sur les réseaux sociaux contre les employés et les spectateurs.

Suite ci-dessous

MISE À JOUR !

Deux projections de Génération Trans sont maintenant prévues le mercredi 27 mai, à 18 h 30 et à 21 h 15, à LaScène Lebourgneuf, à Québec.




Suite

Faith Groleau, une autre détransitionneuse, a suivi Athena. Faith a reçu le diagnostic de « Trouble de l’identité associative » à l’âge de quinze ans. En raison de ses problèmes de santé mentale, elle a reçu un traitement accéléré pour les interventions de genre. Elle a reçu des bloqueurs de puberté à quinze ans, et à dix-huit ans elle a été approuvée pour une mastectomie.


A la naissance, Faith a souffert d’une hermie diaphragmatique, et ceci lui a donné des problèmes récurrents de santé pendant son enfance et son adolescence.  Quand Faith avait douze ans, son père a abandonné la famille, laissant sa mère vulnérable aux mauvais conseils médicaux. Faith a des souvenirs de cliniciens qui l’entrainaient dans des techniques de manipulation, pour avoir l’accord de sa mère pour des interventions de genre. 


Finalement, un psychothérapeute a aidé Faith à développer d’autres intérêts à part le genre.  Faith a laissé expirer son assentiment pour la “chirurgie supérieure,” et à 22 ans, elle a arrêté les hormones.  En 2024, la publication du dossier WPATH a convaincu Faith que la transition médicale est nocive et sans base.


Mayday dans la capitale du Canada : Faith Groleau au podium

Faith Groleau, une détransitionneuse, prend la parole à l'église des motards de Capital City, Mayday Canada, 2026. Photo: Gender Dissent


Jeff Evely est monté sur scène ensuite pour décrire sa visite à l’Hôpital des Enfants de l’Est de l’Ontario avec sa fille en 2017, quand elle avait quatorze ans, et qu’elle subissait des problèmes de santé mentale. L’hôpital a proposé “la dysphorie du genre” comme diagnostic, mais l’hôpital était incapable de fournir des preuves pour justifier les traitements proposés, ou leur efficacité.


Depuis, Jeff a soumis des pétitions au Parti Conservateur du Canada pour révoquer le Projet de Loi C-16, qui reconnaît l’identité du genre, et le Projet de Loi C-4, qui caractérise la psychothérapie pour la dysphorie du genre comme une forme de « thérapie de conversion ».


Tamara Ugolini de Rebel News a publié un article sur des enregistrements audio réalisés par Jeff Evely de discussions avec les médecins spécialistes du genre de sa fille au CHEO. Ces médecins admettent ouvertement que les preuves de résultats positifs sont faibles pour les enfants et les adolescents en transition, tout en poursuivant la transition médicale de sa fille adolescente et en faisant référence aux directives de la WPATH, désormais discréditées.


Le dernier orateur, et le conférencier principal, était Scott Newgent.


Scott est né de sexe féminin, mais s'identifie comme un homme trans. Scott se décrit lui-même comme un « homme trans ayant effectué une transition médicale à 100 %, mais cette transition s'est accompagnée d'urgences médicales, d'infections chroniques, de carences nutritionnelles et d'une détérioration de sa santé mentale. Scott reconnaît que les humains ne peuvent pas changer de sexe et s'oppose fermement aux interventions pédiatriques sur le genre.


« Je me tiens devant vous aujourd’hui dans mon rôle le plus important : celui de mère. » —Scott Newgent, May 5, 2025, Mayday Canada


Les présentateurs à cet événement représentaient une diversité démographique impressionnante:  provenant de l’est et de l’ouest, ils étaient jeunes et vieux, hommes et femmes, homosexuels et hétérosexuels, et quelques-uns avaient même eu l’expérience de vivre comme trans. Quelques-uns étaient motivés dans leur opposition par leur foi religieuse, mais la plupart ne l’était pas.


Une séance de Questions et Réponses a suivi les présentations. Il y avait approximativement cent spectateurs, sans inclure les présentateurs, et la vingtaine de bénévoles de sécurité en uniforme de l’Église des Motards.


Mon impression, basée sur la réaction aux discours, et les questions qui les suivaient, était que la plupart des spectateurs avaient récemment découvert ce sujet. Ils appartenaient à un groupe que j’aurais une fois appelé « les gens du Convoi », c’est-à-dire les gens blancs, âgés, et qui ont émergé de la pandémie convaincus que Justin Trudeau avait détruit le pays par une variété de moyens qu’ils sont heureux d’expliquer. Pendant les discours, les références à Jésus ou à Dieu comme alternative à l’Idéologie de Genre ont eu des réponses murmurées d’Amen.


Étant donné que mon milieu normal est celui de féministes libérales et laïques, j’avais l’impression que cet événement trouvait un nouveau public.


Ma partie préférée de la journée, était le dialogue avec les jeunes qui s’identifiaient comme trans, sur la colline parlementaire. Ceux avec qui j’ai parlé s’exprimaient de manière claire et réfléchie.


Les contre-manifestants étaient petits, dans leur nombre et leur taille. J’avais l’impression qu’ils avaient tout simplement besoin d’un jeu amical de baseball sur la colline parlementaire, suivi d’un barbecue non végétalien et des chansons autour d’un feu.


Le mélange éventuel des manifestants et des contre-manifestants, m’a donné l’impression que la plupart des manifestants éprouvaient le même instinct protecteur et parental envers ces jeunes fragiles, qui ont peut-être peu à anticiper dans la vie, à part d’être malgenrés.


Voici une invitation pour Moss, Alex et le type dans le chandail fuchsia:  est-ce que ça vous tente de faire un entretien de longue forme avec Gender Dissent?  Nous croyons que nos lecteurs bénéficieraient d’un dialogue réfléchi et respectueux entre un jeune qui s’identifie comme trans, et une féministe sceptique.  Nous croyons que les deux côtés profiteraient de plus de dialogue.


Ou, peut-être l’année prochaine, on se rencontre pour un simple match de baseball?  



Katherine Jameson Digby est une journaliste et militante basée à Ottawa, qui défend les droits des femmes fondés sur le sexe et la protection de l'enfance.



POSTFACE DE L'ÉDITEUR

Les bons côtés


L’événement Mayday Canada a été accueilli avec gratitude et enthousiasme par de nombreux Canadiens qui s’opposent à la propagation de l’idéologie de l’identité de genre partout au pays et au sein de nos institutions publiques.


Jeff Evely a réussi à réunir un groupe de défenseurs aux expériences et aux motivations diverses qui s’opposent à la transition médicale des mineurs. Il a porté leur message auprès d’un nouveau public qui n’avait peut-être pas encore pris toute la mesure de la crise à laquelle sont maintenant confrontées les familles partout au pays, en raison des décisions irréfléchies de nos législateurs, du travail de groupes de pression financés par le gouvernement fédéral et d’intérêts politiques particuliers.


Evely et son équipe ont même réussi à tenir une conférence de presse à l’intérieur des murs des édifices du Parlement canadien, qui tombent en décrépitude — une tactique stratégique qui mérite certainement d’être saluée à notre époque de culture de l’annulation, où chacun se refile la patate chaude.


Fait crucial, nous avons assisté à ce qui constituait peut-être une première au Canada et qui, espérons-le, annonce un changement de direction dans la manière dont nous échangeons les uns avec les autres sur cette question. De jeunes personnes s’identifiant comme trans sont venues au rassemblement Mayday sur la Colline avec l’intention de perturber l’événement, mais elles en sont reparties avec des idées différentes, des renseignements véridiques et des contacts qui pourraient leur être utiles personnellement, ainsi qu’au mouvement de protection des enfants et de défense de la réalité du sexe dans son ensemble.


Les aspects moins réussis

Comme d’autres conférences axées sur un retour à la raison fondée sur la réalité du sexe, l’événement n’a pas été exempt de controverse. Dans le cas de Mayday, la controverse concernait Scott Newgent, qui était présenté comme l’orateur « vedette » et dont le visage, arborant une barbe de trois jours plutôt stylée, figurait bien en évidence sur l’affiche promotionnelle, au-dessus des autres panélistes.


Scott maintient une identité transgenre (« homme trans ») et emploie les pronoms il/lui — voir la biographie figurant dans le programme ci-dessous. Les principales critiques formulées sur les réseaux sociaux et dans des groupes de discussion locaux s’articulaient autour de deux thèmes :


  1. Bien que Scott milite contre la transition médicale des enfants, elle réussit à se présenter et à évoluer publiquement comme un homme. Cela pourrait, à son tour, persuader des filles vulnérables qui se questionnent de décider d’entreprendre elles-mêmes une transition, en se disant : « Regardez-la/LUI ! IL/elle est tellement convaincant(e) ! Je parie que JE/NOUS pourrais/pourrions aussi passer pour un homme. »


  2. Jeff Evely — conformément au matériel promotionnel de Mayday — parle de Scott en employant les pronoms « il/lui » et, ce faisant, brouille le message central. Cela n’aide pas à convaincre le gouvernement lorsqu’une personne à l’apparence masculine, apparemment en bonne santé et exubérante, qui continue à jouer la masculinité — particulièrement lorsqu’elle est sur scène ou devant une caméra — leur dit qu’ils ne devraient pas permettre ce qui a fait d’elle l’homme pour lequel elle réussit aujourd’hui à passer. Les politiciens sont déjà suffisamment confus comme cela.


Abstraction faite de la question des pronoms, les personnes présentes ont salué l’événement comme une expérience significative et positive. Ce fut une journée porteuse d’espoir, qui a fait tomber un obstacle à la communication entre des militants aux positions opposées, qui a peut-être retenu l’attention de quelques politiciens et qui a possiblement inspiré certaines initiatives.


En fait, une initiative concrète en est déjà née : un film documentaire. Une équipe de tournage indépendante de Free Speech Media était sur place et a filmé toute la journée.

Heureusement que Scott sait comment s’asseoir comme un homme.



Le pire

Et puis, il y a eu ce qui s'est passé après l'événement, quand @Women__Exist a tenté d'expliquer à Jeff Evely l'importance d'utiliser un langage honnête pour parler du sexe des personnes. Mais quand Evely a lancé la grenade « C’est la faute des féministes »… eh bien, ça a explosé. Vous pouvez lire le récit complet ici :



Vous pouvez écouter une discussion plus approfondie sur le thème de l'utilisation d'un langage précis dans la lutte contre la transidentité lors de l'émission hebdomadaire XSpace de caWsbar, The Summit, le 13 mai (à partir d'environ 31:40) :


Mayday dans la capitale du Canada :


Et le malheureux


Il semble que la dispute ait tellement pesé sur Evely que, douze jours plus tard, lors d'une retraite pour anciens combattants à Puru, il a jugé nécessaire de réaliser et de publier une vidéo critiquant à nouveau les femmes qui avaient exprimé leurs inquiétudes quant aux messages contradictoires véhiculés par son événement.


Evely a décidé non pas de calmer le jeu, mais au contraire de l'attiser – et de le faire monter en flèche – en choisissant de ne pas modérer son langage lorsqu'il a qualifié les femmes de « parasites vivant dans des sous-sols », de « harpies odieuses » et de « féminazis ». Puis, il a définitivement anéanti toute possibilité de réconciliation en affirmant (à deux reprises) que « l'infiltration marxiste des universités s'est faite par le biais des programmes pour 'femmes grosses et laides' ».



On peut certes sortir le soldat du conflit, mais…





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