Une Soirée avec les Fae(meuses) Célèbres Cinq

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Un rapport spécial pour Gender Dissent par Katherine Jameson Digby

A photograph taken at an indoor awards event on a stage, with a wooden lectern reading "Carleton University" in the foreground on the left, where a woman with short grey hair and glasses stands at a microphone wearing a maroon blazer. Beside her, a woman (Catherine McKenna) with short blonde hair in a white long-sleeve top clasps hands with a man (Zachary "Fae" Johnstone) who has long, wavy dark red hair and wears a black dress. He is several inches taller than McKenna. To their right stand a man in a dark suit and a woman with short reddish hair and glasses wearing a dark blazer with a name badge, both smiling and clapping. In the foreground, partially visible, a person wearing a maroon-and-black plaid outfit and a black hijab crouches or bends near the stage. An older woman with white hair sits at a table on the far right. Behind the group are three pink and black vertical banners reading "famou5, OTTAWA," "5 FEMMES, 1 DÉCISION HIS[TORIQUE]," and "5 WOMEN, 1 HISTORIC DECISION" with black-and-white photos of women. A seated audience is visible in the foreground, out of focus.
Fae Johnstone reçoit son prix Famous 5
De gauche à droite : Rosemary Thompson (présidente du jury des prix), Catherine McKenna (ancienne députée libérale), Fae Johnstone (lauréate), Yasir Naqvi (député libéral d’Ottawa-Centre), Beatice Keleher Raffoul ( Présidente du groupe d’Ottawa de la Fondation Famous 5), Dre Diana Beresford-Kroeger (lauréate)
Photo: Gender Dissent

OTTAWA, Canada — Le 21 octobre 2025 — Fae Johnstone, influenceur s’identifiant comme transgenre et surtout connu pour s’être approprié des rôles et des titres autrefois réservés aux femmes canadiennes, est devenu le premier homme à recevoir le prix annuel Ottawa Famous 5. La journaliste spéciale Katherine Jameson Digby était sur place et nous livre un aperçu de l’histoire de ce prix ainsi que les moments forts de la « célébration ».

Mais d’abord — qui étaient ces Célèbres Cinq ? 

Avant 1929, la constitution du Canada a déclaré que seul les « personnes qualifiées » – ce qui voulait dire, seulement les hommes – étaient éligibles comme candidats pour le Sénat.

Cinq Canadiennes courageuses et idéalistes ont contesté ces lois et ces conventions désuètes, en insistant que les femmes soient reconnues officiellement comme « personnes » dans le sens le plus complet du mot. Connues sous le nom des « Célèbres Cinq », elles ont donné un exemple inspirant de leadership, qui a modifié les lois de toutes les nations du Commonwealth, et ainsi le cours de l’histoire

Les efforts des « Célèbres Cinq » du Canada ont poussé le Conseil Privé de la Grande Bretagne à définir le terme « personne » qui dorénavant s’appliquerait aux hommes et aux femmes. D’autres pays ont aussi adopté cette définition.  Ainsi, les Canadiennes sont devenues éligibles pour le Sénat du Canada.

A promotional graphic on a white background. In the top left, small text reads "FONDATION" above the wordmark "famou5" and "FOUNDATION" below it, with the "5" stylized in purple. In the top right, a hot-pink speech-bubble-shaped box contains bold white text reading "WOMEN ARE PERSONS!" followed by italicized text "October 18, 1929." Below, in large bold black and pink lettering, it reads "5 WOMEN" (with "5" in pink) and "1 HISTORIC DECISION" (with "1" in pink). Along the bottom are five black-and-white archival portrait photographs of women dressed in early 20th-century clothing, captioned beneath: "Judge Emily Murphy, Henrietta Muir Edwards 'Otter Woman', Hon. Irene Parlby, Louise McKinney, MLA, Nellie McClung, MLA."
Extrait du site web de la Fondation Famous Five: Famous Five Foundation Website

La Fondation des Célèbres Cinq [Famous 5 Foundation] s’est établie le 18 octobre 1996 —le 67e anniversaire du cas des « Personnes » — et s’est enregistré en tant que association sans but lucratif en 1997.  Le but de la Fondation est d’autoriser les femmes et les filles de réaliser avec courage les changements qui contribuent à une société sans obstacles pour les femmes, dans l’esprit des Célèbres Cinq.

Zachary « Fae » Johnstone est né en 1996, et il était étudiant de premier cycle à l’Université Carleton quand Justin Trudeau a été élu en 2015.  En 2017, le gouvernement Trudeau a passé le Projet de Loi C-16, qui a modifié la Loi canadienne sur les droits de la personne, afin d’ajouter l’identité de genre et l’expression de genre à la liste des motifs de distinction illicite.

Rendu au moment où Johnstone finissait sa maîtrise en Travail Social à Carleton en 2020, la Covid s’est abattue sur le monde, et tout était en place pour l’entrée à temps plein de Johnstone dans l’industrie TQ+. Le monde de Zoom avait introduit un âge d’or de Diversité, Équité et Inclusion, et le gouvernement Trudeau offrait des fonds importants à quiconque promettrait de garder les lettres de l’acronyme 2SLGBTQIA collées ensemble.

Et là, entrant hardiment en scène par la gauche, se trouvait Johnstone, fraîchement sorti de sa maîtrise, avec son instinct implacable pour l’auto-promotion, prêt à présenter sa mâchoire carrée et intrépide comme le visage du nouveau féminisme intersectionnel canadien.

fae johnstone wisdom2action faery tales million dollar deception
Image de titre de l’article Gender Dissent, tiré de Faery Tales de février 2023.

La Fondation des Célèbres Cinq présente ses excuses pour les croyances coloniales « erronées » des Cinq Célèbres

Le 21 octobre 2025, Johnstone a reçu le plus récent d’une longue série de distinctions comme la femme de sexe masculin le plus connu au Canada. La Fondation des Célèbres Cinq a conféré à Johnstone (et à quatre autres femmes authentiques et accomplies) ce prix annuel pour « les gens qui manifestent la vision, la détermination et l’impact social des Célèbres Cinq originales, les pionnières qui ont établi la reconnaissance des femmes comme « personnes » dans la loi. »

La littérature de l’événement ne clarifie pas si Johnstone est un pionnier dans la mesure où il est le premier récipiendaire masculin du prix. Dans le dépliant distribué à l’événement, on appelle les récipiendaires « les personnes », « les individus », « les honorés » et « les pionniers », mais jamais « les femmes », ce qui reconnaît peut-être indirectement que le prix inclut maintenant les hommes.

A photograph of a printed event program page. The heading in pink text reads "FAE JOHNSTONE," followed by a bold black headline: "ADVOCATE FOR GENDER JUSTICE AND 2SLGBTQIA+ EQUALITY." On the left is a photo of a man with long, straight dark reddish hair, a septum piercing, dark lipstick, and dangling earrings, photographed indoors with a partially visible flag behind them. His adam's apple is clearly visible. The body text to the right reads: "Fae Johnstone is a nationally recognized advocate and organizer for gender justice and 2SLGBTQIA+ equality. As Executive Director of Queer Momentum, she has been a powerful force mobilizing communities against hate and regression. Her courage and persistence — in the face of public attacks and opposition — have made her a role model for many. In 2023, she was Grand Marshal of Ottawa Capital Pride and featured on a special Hershey's International Women's Day edition chocolate bar. Johnstone also serves on the boards of YWCA Canada and Oxfam Canada, building bridges between feminist, queer and labour movements. 'She is a role model to many, a trailblazing trans woman and a superstar advocate,' her nomination says."
Note: despite Fae being a man who says his pronouns are she/they, the program exclusively uses female pronouns for him.

Extrait du programme des prix Famous 5 d’Ottawa 2025
« Fae Johnstone, militante pour la justice de genre et l’égalité des personnes 2SLGBTQIA+
Son courage et sa persévérance, face aux attaques et à l’opposition du public, ont fait d’elle un modèle pour beaucoup.»

Peut-être que le public ne saura jamais comment la décision a été prise d’inclure les hommes.  Il y a des indices intriguant sur les deux sites web de la Fondation des Célèbres Cinq.  Nous avons famous5.ca et aussi famous5ottawa.ca. Les sites contiennent beaucoup de texte identique. Chacun inclut des biographies des cinq femmes en question, écrites dans un style historique et neutre. Cependant, le site famous5.ca a de l’information ajoutée, dont le style le démarque tout de suite comme un ajout récent, tellement le style ne correspond pas au reste du texte.

La biographie d’Emily Murphy au famous5.ca répète tout le texte à famous5ottawa.ca, et puis ajoute le paragraphe suivant à la fin :

« Emily était le produit de l’ère blanche Victoria et bien que dédiée aux changements pour améliorer la vie particulièrement pour les femmes, elle s’opposait aux changements proposés par les autres. Elle favorisait la stérilisation comme moyen de réduire la difficulté de survivre, mais quand d’autres l’ont proposé pour contrôler les races, elle était d’accord avec cette idée. »

La biographie de Nellie McClung au famous5.ca se termine d’une manière tout aussi maladroite :

« Comme d’autres progressives, Nellie soutenait l’idée de stérilisation pour rendre la vie plus facile, et sans doute serait consternée par son évolution. »

La biographie d’Irene Parlby sur le site famous5ottawa.ca et famous5.ca nous dit que « [Irene Parlby] est la première femme en Alberta à être membre d’un conseil de ministres, (et la deuxième dans l’Empire britannique entier). Et puis l’éditeur mystérieux à famous5.ca a ajouté que Parlby « n’a pas été offerte un portefeuille ministériel à cause de la misogynie. »

Chacun des sites web a une rubrique intitulée « A propos de nous ».  Le site famous5.ca a une autre rubrique sous « A propos de nous », intitulé « F5 Flawed Beliefs » (Croyances erronées des Célèbres Cinq).  Sous cette rubrique on trouve encore cette voix bizarre et pédante, qui se démarque tellement dans les biographies :

A screenshot of a webpage section with a black-and-white archival photograph across the top showing a row of women in early 20th-century coats, hats, and dresses standing together outdoors, with white bold text overlaid reading "Flawed Beliefs." Below the photo, on a white background, the body text reads: "The Famous 5 did not know what we know now. We regret the statements and actions of the F5 which were racist and elitist and believe that if the F5 were alive today, they would apologize for such matters and work towards greater equality and diversity."

« Croyances erronées »

« Les Cinq Célèbres ne savaient pas ce que nous savons aujourd’hui. Nous regrettons les déclarations et les actions des Cinq Célèbres, qui étaient racistes et élitistes, et nous pensons que s’ils étaient encore en vie aujourd’hui, ils présenteraient leurs excuses pour ces propos et ces actes et œuvreraient en faveur d’une plus grande égalité et d’une plus grande diversité. »

« Les Célèbres Cinq ne savaient pas ce que nous savons maintenant, et comme résultat, comme la plupart des Canadiens il y a plus de 100 ans, les Célèbres cinq étaient des Chrétiens blancs.

« Bien entendu, nous, la Fondation des Célèbres Cinq, aurions préféré que les Célèbres Cinq n’aient pas tenu certaines idéologies et croyances.  Aujourd’hui, nous avons accumulé et avons accès aux connaissances et aux expériences soit directes ou indirectes, du monde entier, mais au début des années 1900, les connaissances et les expériences de la plupart des gens venaient d’une sphère limitée. 

« Nous regrettons les déclarations et les actions des Célèbres Cinq qui étaient racistes et élitistes, et croyons que si les Célèbres Cinq vivaient aujourd’hui, elles demanderaient pardon pour ces affaires et travailleraient vers une meilleure diversité.

Peut-être que c’est le moment de nous poser la question – qu’est-ce que je fais, et qu’est-ce que je dis, qui ne survivra pas le passage du temps? »

Les sites web identiques, l’un qui inclut ces excuses maladroites et condescendantes de la part des femmes qui vivaient il y a cent ans, et l’autre qui ne le fait pas, suggèrent qu’il y a peut-être un manque d’accord dans la Fondation des Célèbres Cinq sur la question d’une expiation appropriée pour le péché historique tant redouté « manque de diversité » dans la Fondation.

Est-ce que c’est comme ça qu’on en est arrivé à « l’inclusion » d’un récipiendaire masculin pour le prix en 2025?

En traduisant cet article de l’anglais vers le français, je comptais trouver des raccourcis de terminologie aux sites famous5.ca et famous5ottawa.ca.  Hélas!  Aucun texte en français n’existe sur aucun des deux sites. Est-ce à dire que le mouvement des Célèbres Cinq se limite au Canada anglophone?   

Un critère de base à tout mouvement canadien qui se veut « national », c’est d’être bilingue. Un geste logique pour un mouvement qui cherche à « se diversifier » serait peut-être d’avoir une version française du texte sur leur site, afin de se rendre plus accessible aux huit millions de Canadiens francophones. Et peut-être de chercher quelques candidats féminins francophones, au lieu d’aller chercher des candidats « divers » parmi la population masculine anglophone?

Mettant ces questions de côté pour l’instant, le 21 octobre 2025, à 17h15, je me suis trouvée dans le foyer du pavillon Richcraft à l’Université Carleton, prête à en apprendre plus sur les Célèbres Cinq et le jeune homme pionnier qui serait honoré en leur nom.

J’avoue que je ne faisais pas confiance aux médias grand public de couvrir cet événement historique. Je me suis engagée alors à prendre des notes, dans l’espoir de publier mon compte avec Gender Dissent, le site web dirigé par des femmes qui exposent l’influence et l’argent qui subventionne l’industrie du genre au Canada.

Je savais aussi que les nombreux abonnés des médias sociaux de Johnstone voudraient entendre comment il s’est comporté lors de cette occasion solennelle.

La cérémonie

Johnstone est arrivé à 17h15 à l’entrée du bâtiment, pour un événement qui se déroulait entre 17h30 et 19h30. Il portait une superbe robe noire en dentelle qui laissait peu à l’imagination. J’avais imaginé que Johnstone voyageait toujours entouré de jeunes célibats involontaires dégingandés en robes, et de filles non-binaires en masque chirurgicaux, donc j’étais surprise de le voir arriver seul. Il s’est donné du courage à l’aide d’une cigarette, avant de monter les escaliers d’un bond, vers la salle de réception. Pourtant, à cette heure, il n’y avait en haut que des vieilles femmes arrivées bien à l’avance, ce qui fait que Johnstone est vite redescendu pour une deuxième cigarette.

La soirée s’est ouvert pour de bon à 17h30, commençant par une demi-heure de réception avec des hors d’œuvres. Johnstone avait une file courte de femmes plutôt jeunes, qui attendaient leur tour pour parler avec le porte-parole le plus vénéré au Canada sur tout ce qui concerne les femmes. La salle était plus petite que j’avais imaginé, avec des chaises pour 120, et elles n’étaient pas toutes occupées.

A photograph taken on an event stage with three pink and black "famou5, OTTAWA" banners visible in the background, one reading "5 WOMEN, 1 HISTORIC DECISION, What they began, we continue" with black-and-white photos of women. On stage, a row of people stands and sits behind a black-draped table with white name placards. Standing in back, from left to right: a woman with white hair partially obscured mid-motion, a woman with long blonde hair in a white top, an older woman in a dark cardigan, a woman with curly reddish-brown hair in a beige blazer, and a man in a dark suit. Seated at the table, from left to right: an older woman with grey hair in a light cardigan (nameplate partially reads "Dr. Indu Gambhir" or similar), a woman with dark hair pulled back wearing a purple top and black cardigan, an older woman with grey hair in a black top, and a man (Zachary "Fae" Johnstone) with long, wavy dark red hair wearing a black outfit, smiling with hand resting on the table. A seated audience is visible in the foreground, out of focus.
Quatre des cinq lauréates (assises) des Prix Famous 5 de 2025
Photo: Gender Dissent

Parmi les dignitaires présents, Johnstone semblait le plus intéressé par Catherine McKenna, son ancienne députée fédérale au Parlement pour la circonscription d’Ottawa Centre, pendant ses années universitaires, et pendant les premières années du gouvernement Trudeau. C’était l’époque où l’intersectionnalité était à son apogée, et un jeune homme ambitieux pouvait rêver de voyager à travers le pays, financé par le contribuable canadien, afin d’expliquer aux femmes comment partager leurs toilettes avec les hommes.

Catherine McKenna avait un livre à exposer, « Courir Comme une Fille », dans lequel elle raconte ses origines à Hamilton comme nageuse compétitive avec des rêves Olympiques, jusqu’à son élection éventuelle au Parlement du Canada en 2016. Il serait intéressant de savoir ce que McKenna pense des effets du Projet de Loi C-16 sur le sport féminin au Canada, puisque les ligues sont maintenant obligées par la loi passé par son gouvernement, d’inclure les athlètes masculins dans la catégorie féminine, et de permettre un accès sans restriction dans les vestiaires féminins.

D’autres députés fédéraux présents étaient Yasir Naqvi, député actuel pour Ottawa Centre, (et un des rares hommes présents) et Linda Lapointe, Présidente du Caucus des Femmes du Parti Libéral, et députée pour Rivière-des-Milles-Iles. 

A photograph of a woman (Linda Lapointe) with curly reddish-brown hair standing at a wooden lectern reading "Carleton University," speaking into a microphone. She wears a light grey blazer over a cream-colored top and a name badge clipped to her lapel, and appears to be reading from notes on the lectern. Behind her are three vertical pink and black banners reading "famou5, OTTAWA," "5 FEMMES, 1 DÉCISION HISTORIQUE, Ce qu'elles ont commencé, nous le continuons" with black-and-white photos of women, and a partial banner with the "famou5" logo. A seated audience member with white hair is visible in the foreground, out of focus.
Linda Lapointe, députée libérale et présidente du Caucus des femmes du gouvernement, félicite les « personnes » honorées lors de cet événement – un événement inspiré par cinq femmes leaders canadiennes historiques qui ont obtenu la reconnaissance des femmes comme « personnes » en vertu de la loi.
Photo: Gender Dissent

Aussi présents étaient Sheila Copps, députée fédérale pour Hamilton, 1984-2004, Rosemary Thompson, Présidente du jury et maîtresse des cérémonies, Beatrice Keleher Raffoul, présidente du Groupe d’Ottawa de la Fondation des Célèbres Cinq, et Anne Bowler, Doyenne dans la Faculté des Arts et des Sciences Sociales de l’Université Carleton.

Madame Keleher Raffoul a mentionné dans son introduction que Carleton prévoit rester un partenaire de la Fondation des Célèbre Cinq jusqu’au centenaire du « Cas des Personnes » en 2029. Il y aura donc beaucoup de possibilités de discussion entre Carleton et la Fondation des Célèbres Cinq au sujet de la définition « d’inclusion » dans les prix futurs.

Suivant la remise des prix, chaque candidat était invité à parler du travail qui leur a valu d’être choisi pour ce prix.

La Jeune Honorée, Sarah Awada, n’a pas pu parler parce qu’elle devait passer un examen.

Johnstone, à son crédit, n’a pas parlé longtemps, soulignant surtout les difficultés qu’il subit à faire ses courses en rouge à lèvres.

Fae Johnstone prononce son discours de remerciement lors de la cérémonie des Prix Famous 5 de 2025 d’Ottawa, le 21 octobre 2025.

@1:50: « Je refuse de vivre dans un monde où la prochaine génération de femmes (et de personnes queer et trans) est moins en sécurité et plus effrayée que la génération dans laquelle j’ai grandi. »
Vidéo: Gender Dissent

La lauréate le docteur Indu Gambhir a parlé de sa carrière comme défenseure de la santé des femmes. Pendant son séjour avec Médecins Sans Frontières, elle a observé qu’il fallait établir des espaces uniquement féminins pour que les villageoises puissent venir parler de leur santé, puisqu’elles étaient souvent peu disposées à parler quand les hommes étaient présents.

La lauréate Jocelyn Formsma a parlé de son engagement en faveur des jeunes autochtones. Elle a souligné le fait qu’elle a profité des opportunités de leadership créées par les femmes, pour les femmes.

La lauréate le Diana Beresford-Kroeger a parlé de ses décennies de travail de découverte scientifique, de conservation, et d’éducation publique, comme botaniste, biochimiste médicale, et auteure.

Dr Beresford-Kroeger était la dernière à parler, et rendu à ce moment de la soirée, Johnstone commençait à manquer de patience, et a passé tout le discours à regarder son téléphone.

Quelques questions

Avec du recul, quelques aspects de cette soirée raffinée me semblent curieux par leur absence.

Johnstone déclare vivre à Ottawa depuis dix-huit ans, avant d’annoncer cet été qu’il déménageait. Ce qui veut dire qu’il vit à Ottawa depuis l’âge de onze ans. Comment se fait-il qu’il n’avait aucun ami ni membre de la famille qui voulait payer soixante dollars pour venir le voir gagner un prix Célèbre Cinq?

En second lieu, Johnstone est doublement ancien de l’Université Carleton, ayant reçu son diplôme de premier et de deuxième cycle dans l’École du Travail Social. Alors pourquoi est-ce que personne, lui inclus, n’a mentionné ce fait, lors de la cérémonie? Des recherches à la suite de l’événement parmi les copieux renseignements relatifs à Johnstone en ligne, révèlent qu’il ne s’identifie pas souvent comme ancien de Carleton. Est-ce que Johnstone a eu une rupture avec Carleton?

Et enfin, où était cette fameuse « communauté » 2SLGBTQIA+ dont on entend tellement parler? Est-ce que c’est possible que certains d’entre eux sont encore mécontents du fait que Johnstone s’est placé au milieu de la manifestation « Queers for Palestine », qui a terminé le Défilé de la Fierté dans la Capitale, le 24 août, une heure après son début?

Fae Johnstone, au premier plan du blocage de la parade de la Fierté d’Ottawa 2025 organisé par le groupe « Queers for Palestine ».

Les médias sociaux de Johnstone à l’approche du Défilé de la Fierté ne révèlent aucun engagement de sa part dans la Fierté dans la Capitale, ni dans Queers for Palestine.  Pourtant, dans sa manière inimitable, il a réussi à se faire photographier au milieu du barrage qui a arrêté le défilé, pour des raisons qu’on le laissera expliquer, dans son article du 3 septembre dans l’Ottawa Citizen.

En quittant le Pavillon Richcraft le 21 octobre, j’ai découvert que quelqu’un avait laissé des dépliants dans les toilettes des dames, commémorant le message twitter du 12 juillet 2021, dans lequel Johnstone a dirigé Femmes et Égalité des genres Canada de condamner
(« vilify ») les femmes qui ne veulent pas d’hommes dans leurs espaces. Quelqu’un croyait sans doute que ce message méritait d’être porté à l’attention du jury.

A photograph of a printed document taped to a dark grey wall or door, below a small light fixture and beside a document holder labeled "NOTE" with a blue arrow pointing down to the page. Highlighted yellow text at the top of the page reads: "X POST BY FAE JOHNSTONE – 2025 RECIPIENT OF THE OTTAWA FAMOUS 5 AWARD." Below are three printed social media posts, each attributed to "Fae Johnstone, MSW @FaeJ..." and dated "12 Jul. 21." The first reads: "TERFs have been trying to cause problems over Women and Gender Equality Canada (WAGE) being trans-inclusive. Now would be a great opportunity for elected officials (and ministers ••) to denounce TERF rhetoric for the hate-fuelled speech it is," with engagement icons showing "1" reply, "18" reposts, and "71" likes. The second reads: "Literally just shut them down! Unequivocally affirm that trans women are women, that ideologies saying otherwise are based in transphobia, and that WAGE is fully and deeply committed to trans inclusive feminism," with "2" replies, "3" reposts, and "17" likes. The third reads: "I actually do want a political environment in which TERFs are so vilified they don't dare speak their views publicly, let alone act on them. Shut. Them. Down."
Un prospectus reprenant la publication la plus célèbre [et la plus utile] de Johnstone sur les réseaux sociaux, collé sur la porte d’une cabine de toilettes pour femmes à Richcraft Hall.
« Je souhaite réellement un environnement politique où les TERF soient tellement vilipendées qu’elles n’osent plus exprimer publiquement leurs opinions, et encore moins les mettre en pratique. Il faut les faire taire. »
Photo : Gender Dissent

Johnstone a réalisé une mini-crise sur Twitter vers 10h du soir, à sa découverte des dépliants. Mais la crise avait l’air plutôt tiède, comme s’il n’était plus capable de puiser les couches profondes de misogynie comme au début de sa carrière TQ+.

« Si les (fausses) féministes anti-trans mettaient autant d’énergie dans l’organisation féministe concrète qu’elles en mettent à harceler, manquer de respect et se comporter de manière malsaine envers les femmes trans…

Nous aurions un mouvement féministe beaucoup plus fort.

Mais au lieu de cela, elles s’en prennent aux plus vulnérables et se discréditent elles-mêmes par la même occasion.» — Fae Johnstone

Ce qui m’amène à ma pensée finale : est-ce que même Fae Johnstone en a eu assez du phénomène de « genre »? L’homme qui a fait plus que quiconque au Canada, ou peut-être au monde, pour fixer une place pour les hommes dans les espaces féminins, a l’air de devenir de plus en plus las du projet.

Pendant que son avion décollait pour le ramener vers sa nouvelle ville d’Halifax, Johnstone a publié un dernier gazouillis, où il a oublié de s’identifier par son genre préféré, mais il a quand-même bien résumé le sentiment général : « Je suis fatigué mes amis. »

Amen Fae!

Nous aussi, nous sommes fatiguées, et nous attendons avec impatience la fin imminente de « genre ».

A close-up photograph of two people seated on a stage in front of a dark curtain, with a pink "famou5" banner partially visible in the background on the left, along with a microphone stand on the right. On the left, an older woman (Dr. Indu Gambhir) with wavy white hair, glasses, and a pearl necklace wears a dark top and looks off to the side. Beside her, a man (Zachary "Fae" Johnstone) with long, wavy dark red hair parted in the middle is smiling broadly with mouth open and nose scruched, wearing a black lace-patterned top. His adam's apple is clearly visible.
Johnstone affiche sa célèbre grimace, dominant de toute sa hauteur sa co-lauréate, la Dre Indu Gambhir, lors de la cérémonie de remise des prix Famous 5 à Ottawa.
Photo: Gender Dissent

QUELQUES RÉACTIONS DE LECTEURS DE GENDER DISSENT

A screenshot of a social media post (X) from a verified account "Maureen" (@MaureenWRC), with a small circular profile photo of a smiling blonde woman. The post reads: "@FaeJohnstone you 'refuse to live in a world where women are less safe'? Your selfish advocacy for men in women's spaces while wearing us like a costume does precisely that to us. We are not the same and you have no business sitting on that panel. You are not who the Famous Five fought for. For shame to you & the organizers for gaslighting women. Thank you to the women there who went in silent protest." The timestamp below reads "10:18 PM · Oct 21, 2025 · 2,743 Views."
A screenshot of a social media post (X) from a verified account "Hosannah Moodie" (@hosannah_moodie), whose name is followed by a small Canadian flag icon, with a circular profile photo of a smiling woman with curly dark hair. The post reads: "Dear Vichy feminists, Fae Johnstone is Canada's most notorious colonizer of women's history. Did you know that he thinks that the Montreal Massacre was all about him, if he had been there, 36 years ago, in a dress? Shame. On. You."
A screenshot of a social media post (X) from an account named "canadian female human" (@WomenAreRealCAN), whose profile icon is a yellow penant that reads "rights for women" over a black stripe in the middle. The post reads: "Reducing women to something a man can be does not help women. If Fae cared, he'd work with men's organizations to address men's treatment of women, and men with makeup on, not advocate for policies that harm women."
A screenshot of a social media post (X) from an account named "Cancelled Gay Canadian" (@scottgeiler). The post reads: "None of those other women think this guy is a woman you can see it in their faces."
A screenshot of a social media post (X) from an account named "Terf of the north" (@terftasticwoman). The post reads: "One of the 'Famous Five' is a man now. Canadian taxpayer dollars were spent so this man can lecture women on what men think and feel about being a man. Yes, that's exactly what women being persons was all about."
A screenshot of a social media post (X) from an account named "Derek Napier" (@armstr52679). The post reads: "I imagine women and girls will feel less safe knowing these fetishists and autogynephiles are coming for their spaces. Whether they like it or not."
A screenshot of a social media post (X) from a verified account "Other Heather dot connectr..." (@thedotconnectr), with three small colored circle icons (purple, green, blue) next to the name. The post reads: "This is an abomination. Men are not women this man who calls himself 'Fae' is a vile misogynist who has said horrible things to and about women who defend our sexual boundaries from dangerous men like him."
A screenshot of a social media post (X) from an account named "JuMI" (@artlifedesigner), whose display name is followed by a row of small icons including a female symbol, hearts, several national flags, a rainbow flag, a cross, and the text "Agent #3161." The post reads: "Fae refuses to acknowledge that women born female have a distinct inability to identify out of our Sex Class should make Fae ineligible to receive this award. Taking away opportunities for biological women in the name of womens suffrage is typically male. Rude 😠 anti woman hate."
A screenshot of a social media post (X) from a verified account "Homosexual Male with Strong Opinions" (@notimeforyou80). The post reads: "I'm trying to figure out how much, if any of that actually had anything to do with women."
A screenshot of a social media post (X) from an account named "Canadian Woman" (@BlondeLava). The post reads: "Did I just listen to a dude talk about women's safety???? And how he knows what it's like to feel unsafe as a women?? JFC this is insane!! No dude, you have no idea what it's like to be a women!"

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Katherine Jameson Digby
Katherine Jameson Digby
Katherine Jameson Digby est une journaliste basée à Ottawa qui défend les droits des femmes fondés sur le sexe ainsi que la protection des enfants.
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