Profil de résistance : La propriété émergente de Bryony Dixon

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Les tentatives visant à museler l’artiste et productrice de théâtre de Nanaimo Bryony Dixon en raison de ses préoccupations non-conformistes se sont retournées contre elle. Elle joue désormais devant un public beaucoup plus large.

Le décor

Bryony Dixon est une artiste de théâtre originaire du Royaume-Uni qui a immigré à Nanaimo, en Colombie-Britannique, en 2015, titulaire d’un diplôme en théâtre de l’Université Queen Mary et d’une maîtrise en esthétique cinématographique d’Oxford.

En 2020, elle a assumé le rôle de productrice artistique en chef de la Pacific Coast Stage Company, la compagnie qui présente le Nanaimo Fringe Festival.

Contrainte de démissionner de sa compagnie en 2023 pour crime de pensée, Dixon en est ressortie intacte, revigorée et encore mieux placée pour s’exprimer librement—sur scène et en dehors—après la raclée publique qu’elle a reçue aux mains d’administrateurs artistiques progressistes.

Son délit ?

Elle avait publié des préoccupations et des critiques courantes du transhumanisme et de l’idéologie du genre sur sa page Facebook personnelle, y compris des articles d’actualité tels que cet article du Guardian, faisant état de la détention provisoire d’un violeur dans une prison pour femmes au Royaume-Uni.

Les publications de Dixon étaient cohérentes avec celles d’une personne qui apprécie la distinction biologique entre homme et femme, qui a un intérêt naturel dans le maintien des droits des femmes fondés sur le sexe, et dans la protection des enfants contre les procédures médicales néfastes et la manipulation psychosociologique.

A close-up selfie photograph of a woman with long wavy blonde hair, smiling gently at the camera, wearing a dark jacket over a plaid shirt and a red patterned scarf. She stands indoors in front of a wooden slatted wall.
Bryony Dixon : Réalisatrice, productrice, créatrice, scénariste, actrice, apicultrice, mère de deux fils.

Dans un pays où règne la liberté de pensée, les publications de Dixon seraient banales. Elles seraient même louables. Mais au Canada, aujourd’hui, si une personne d’un certain profil, par exemple un universitaire, un professionnel de la santé, un éducateur ou un leader des arts et de la culture, ose remettre en question la nouvelle orthodoxie du genre, elle est carrément condamnée comme un criminel de la pensée et passible d’une pendaison publique.

Et c’est là que le bât blesse pour les esprits artistiques : si l’on n’a pas le droit de penser, de parler, de publier ou de jouer librement, on est alors empêché de créer librement. La restriction créative, par extension, représente un défi de taille pour le producteur artistique d’un festival de théâtre dont la libre expression artistique est la raison d’être.

À propos du Fringe

Les interprètes les plus fervents connaissent le festival historique Fringe d’Édimbourg, qui remonte aux années 1940, comme celui où les troupes de théâtre qui ne faisaient pas partie du programme officiel du Festival international d’Édimbourg présentaient leurs spectacles en marge du site officiel du festival. En tant que « festival artistique en accès libre », il reste la « plus grande plateforme au monde pour la liberté créative ».

Les spectacles présentés dans les festivals sous la franchise Fringe, qui se comptent aujourd’hui par centaines dans le monde, ne sont pas sélectionnés par le biais d’un processus de jury ou de sélection, ni selon des critères artistiques ou thématiques.

Les compagnies et les artistes gagnent des places dans le programme du festival Fringe selon le principe du premier arrivé, premier servi, ou par tirage au sort. Toute personne qui parvient à organiser un spectacle et à soumettre une candidature avant la date limite a une chance égale de présenter son travail. Mais le principe artistique fondamental de tout festival Fringe, qui intéresse traditionnellement les artistes comme le public, est la liberté d’expression sans restriction.

Autrement dit, pas de censure.

Cela était autrefois considéré comme une bonne chose dans le milieu du théâtre alternatif canadien. Une chose attendue. Une nécessité artistique.

Ce n’est plus le cas.

Le constat selon lequel Dixon, productrice artistique du Nanaimo Fringe Festival, exerçait en réalité son droit personnel à la liberté d’expression avec son propre compte sur les réseaux sociaux était trop extrême pour certains acteurs de la justice sociale de la petit royaume du théâtre de Victoria. En avril 2023, pendant une période cruciale de planification du festival, ils ont publiquement initié l’annulation de Dixon.

La qualifiant (ainsi que certains membres de son conseil d’administration) de « transphobes radicales s’appropriant le féminisme » (ou en anglais, Feminism-appropriating radical transphobes — FARTs), la campagne de dénigrement qui a suivi a notamment appelé à sa destitution en tant que directrice du Nanaimo Fringe. Une des représentations du festival a retirée du festival, « en solidarité avec la communauté trans ».

Militantisme pour les droits des transgenres sur l’île

Les personnes qui ont la chance de vivre sur l’île de Vancouver sont généralement perçues comme les Canadiens les plus décontractés et les plus heureux de vivre dans l’un des plus beaux endroits du monde. Pourtant, les militants trans (MTs) de l’île ont travaillé très fort au cours des dernières années pour convaincre leurs communautés, les médias et les dirigeants politiques que les femmes n’ont pas besoin de droits fondés sur le sexe et que les enfants ne méritent pas la protection de leurs parents.

Les MTs de l’île ont fait passer leurs messages d’inclusion et d’acceptation avec tant d’agressivité que l’une d’entre elles a brisé le quatrième mur l’automne dernier en asséné un coup de poing au visage à une femme de 52 ans qui participait à une manifestation anti-SOGI à Nanaimo.

Au cours de l’année écoulée, les ATR de l’île ont réussi à mettre fin à une grande manifestation pour les droits parentaux à Victoria et ont convaincu un centre communautaire à Duncan d’annuler un événement où des femmes prévoyaient de parler ensemble de leur sécurité et de leurs droits.

A photograph taken from within a large outdoor crowd facing toward a grand stone government building with green domed towers (the British Columbia Legislative Building in Victoria). Numerous protesters hold up rainbow Pride flags, a red Canadian flag, and various handwritten and printed signs, though the sign text is too small and distant to read clearly. A police officer wearing a high-visibility yellow vest with "POLICE" printed on the back stands in the foreground with their back to the camera, and part of a camera/media equipment setup is visible in the lower right corner.
Capture d’écran d’une diffusion en direct d’un rassemblement sur les droits parentaux à l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique, à Victoria, en Colombie-Britannique, le 20 septembre 2023 – arrêté en raison de la violence des contre-manifestants et des problèmes de sécurité des participants et des conférenciers.
Source: Brian Edgar, https://www.facebook.com/brianedgar.yes/videos/656751986583724/?mibextid=WiMSqg

Un ami dans Freedombear

Peu de temps après sa dénonciation publique, Dixon a été interviewée par Serena Winterburn « Freedombear » — une femme crie dont la mission est de « ramener la voix de la Matriarche dans la communauté d’une manière où non seulement nous nous souvenons, mais réinstallons, les valeurs importantes que chacune de nos sociétés a tranquillement érodées. »

A screenshot of a livestreamed YouTube video with a split-screen format showing two women in video call boxes. On the left, a woman with dark hair and large dangling earrings sits in front of a rustic wooden background decorated with dried pampas grass and a sign reading "story begins." On the right, a woman with long blonde hair sits in front of a patterned Southwestern-style blanket backdrop. Below the two video panels, a blue banner with white text reads: "Bryony Dixon, Artistic Managing Producer of pacific coast stage Co and presenter of the International Nanaimo Fringe Festival." A red video progress bar shows a timestamp of "8:24 / 1:00:27," with website URLs "www.pacificcoaststage.org - www.nanaimofringe.com" displayed above the video controls. Below the video, the title reads: "The preservation of FREE artistic expression with Freedombear and Special Guest, Bryony Dixon," attributed to the channel "Serena Winterburn 'Freedombear'" with "276 subscribers." Engagement metrics show "488 views," "Streamed live on Apr 24, 2023," "12" likes, and icons for dislike, Share, Download, Clip, Save, and a "..." menu. Below that, video description text reads: "Tonight, Bryony Dixon, Artistic Managing Producer of Pacific Coast Stage Co. and presenter of the international Nanaimo Fringe Festival discusses her commitment to the preservation of free artistic expression and the challenges faced by producers navigating cancel culture in today's polarized society."
« Ce soir, Bryony Dixon, directrice artistique de la Pacific Coast Stage Co. et présentatrice du festival international Nanaimo Fringe, parle de son engagement en faveur de la préservation de la libre expression artistique et des défis auxquels sont confrontés les producteurs qui naviguent dans la culture de l’annulation dans la société polarisée d’aujourd’hui. » — Notes de l’émission de podcast, Serena Winterburn « Freedombear »

Présentant Dixon comme son amie, Freedombear se penche sur les accusations portées contre Dixon et décortique et contre-attaque l’attaque contre son personnage.

Freedombear conseille à son public de faire preuve de grâce envers le plaignant tout en dissipant la légitimité du matériel qu’il avait publié pour soutenir l’annulation de Dixon.

Ils se demandent comment une femme qui défend les droits des femmes peut « s’approprier le féminisme ».

« Qu’un homme vous dise qu’en tant que femme vous vous appropriez le féminisme… Malheureusement, cela révèle une partie de la misogynie qui existe dans ce genre de cercles. »

– Bryony Dixon

Concernant la cancel culture et les restrictions de financement imposées au secteur des arts par notre gouvernement, Freedombear affirme que les arts sont attaqués. Elle explique comment, historiquement, les limites ont été repoussées grâce au théâtre et à l’art qui ont remis en question les récits gouvernementaux.

« Je pense qu’il s’agit d’une atteinte à la liberté d’expression artistique, et toute atteinte à la liberté d’expression artistique est une atteinte à la liberté d’expression. C’est une atteinte à toutes nos libertés et à nos droits fondamentaux… Si nous ne pouvons pas avoir de liberté d’expression dans les arts, où pouvons-nous l’avoir ? »

– Serena Winterburn “Freedombear”

Dans un article révélateur sur son annulation dans Quillette, Dixon écrit sur la mise à jour 2022 de la déclaration « idéale » de l’Association canadienne des festivals Fringe (CAFF), dont le Nanaimo Fringe Festival est membre :

« À l’époque de sa création en 1990, le CAFF exigeait que les festivals Fringe sélectionnent les artistes sans jury (comme par tirage au sort) ; que les festivals Fringe offrent une facilité d’accès à tous les publics et à tous les artistes ; et que les producteurs des festivals Fringe n’exercent aucun contrôle sur le contenu que les artistes apportent à leurs performances. À l’époque, on pensait (à juste titre) qu’il s’agissait d’une formule libérale et progressiste, car on supposait que les tentatives de censure viendraient des conservateurs. Jusqu’à il y a quelques années, personne n’imaginait que les progressistes eux-mêmes deviendraient la principale menace à la liberté d’expression artistique. »

Dixon fait remarquer à Freedombear que désormais, bien que les producteurs du Fringe ne puissent pas interférer avec le « contenu artistique » d’une performance singulière, ils peuvent simplement rejeter (annuler) une production entière s’ils estiment qu’elle contrevient à leurs programmes Safer Spaces.

En ajoutant l’« idéal » selon lequel les festivals « promeuvent et modèlent l’inclusion, la diversité et le multiculturalisme » et qu’ils s’efforcent d’intégrer ces valeurs « dans tous les aspects de nos organisations », le CAFF exclut de fait le type d’inclusion et de diversité qui soutient les protections fondées sur le sexe et la protection des enfants. Au lieu de cela, le CAFF identifie ces idéaux et les personnes qui les promeuvent comme étant haineux et indignes de ses scènes.

Dixon décrit les moyens par lesquels elle a défendu et respecté les idéaux du CAFF pour le Nanaimo Fringe, notamment en engageant des artistes queer et de genres divers.

Réticente à voir l’ensemble du festival s’effondrer, ce qui aurait entraîné la perte de l’opportunité pour de nombreux artistes de se produire, Dixon a démissionné de son poste de directrice artistique en juillet 2023. Au lieu de cela, elle a continué à servir le festival à titre de conseillère pour soutenir son déploiement. Son aide était nécessaire pour que le festival puisse se dérouler comme prévu.

Mais cela n’était pas suffisant pour les détracteurs anti-Dixon.

Sa simple présence au festival a été jugée déclencheur pour les artistes et les publics ayant certaines sensibilités. Il a été suggéré que Dixon soit purement et simplement interdite d’assister au festival.

« À un moment donné, le directeur du Port Theatre de Nanaimo a même envoyé une lettre exigeant que mon accès à son établissement « soit limité aux espaces publics » et que, même dans ce cas, je doive « toujours être accompagnée » par un chaperon. Que pensaient-ils exactement qu’il allait se passer si j’étais autorisée à assister à un spectacle en direct sans être suivie par un agent de la paix idéologique ? »

– Bryony Dixon, in Betraying Their Maverick Roots, Fringe Festivals Have Become Ideological Gatekeepers
A nighttime photograph of the Port Theatre in Nanaimo, BC with a curved glass facade and prominent angled blue-lit support beams/pillars extending diagonally across the front of the building. Illuminated white signage on a blue background reads "PORT THEATRE" across the entrance canopy. Below the sign, a smaller digital display reads "WELCOME! THE PORT THEATRE" with a ship/anchor logo and additional small text. Through the glass windows, the illuminated lobby interior is visible, including framed photos on the walls and hanging fish sculptures/decorations. Streetlights, a "Museum Way" street sign, and an empty street with a marked crosswalk are visible in the foreground.
Port Theatre, Nanaimo, C.-B. – Lorsqu’elle assistait aux spectacles du Nanaimo Fringe Festival 2023, Dixonette était, sur ordre de la direction du Port Theatre, « toujours accompagnée par un membre du conseil d’administration de ma compagnie de théâtre ou par un membre du personnel du festival Fringe ».

En septembre 2023, après la fin du festival et le démontage des scènes, l’adhésion du Nanaimo Fringe à la CAFF a été suspendue – une décision prise par l’administration de la CAFF malgré le fait que 2023 avait été « le plus grand Nanaimo Fringe à ce jour, avec l’ajout d’une catégorie de stand-up comedy pour la première fois, ce qui était mon initiative », rapporte Dixon.

La CAFF a reproché à la Pacific Coast Stage Company de ne pas avoir produit de plan de sécurité qui garantirait des espaces sûrs pour les artistes, exempts de « points de vue transphobes » et où les artistes pourraient exprimer librement leur genre.

La CAFF a annoncé qu’elle allait procéder à une évaluation du festival et a déclaré : « Des dommages ont été causés à notre communauté et nous continuerons à lutter pour des espaces plus sûrs pour nos membres nord-américains. »

Dixon a démissionné peu de temps après. Elle a déclaré à Freedombear :

« Je décidais de me retirer définitivement. Comme la plupart des petites organisations à but non lucratif, le Nanaimo Fringe Festival n’a pas les ressources nécessaires pour faire face à une campagne d’annulation prolongée. Et, naturellement, peu de mes collègues voulaient être la cible d’une vague de dénigrement de culpabilité par association. » 

– Bryony Dixon

BLACKLISTÉE :

A black-and-white close-up selfie photograph of a woman with long straight blonde hair, smiling slightly at the camera. She wears a black tank top printed with a graphic design featuring an illustrated cartoon police officer with spiral eyes, and text reading "DEFUND" at the top, then "THE THOUGHT" and "POLICE" in bold block letters below.
Dixon porte un débardeur sur lequel est écrit : « Defund the Thought Police » (Défund la police de la pensée). Photo fournie par Bryony Dixon.

Acte deux

La retraite de Dixon de la Pacific Coast Stage Company s’est avérée n’être qu’une « étape de sortie » temporaire.

Elle a ensuite été invitée à participer aux tables rondes de Vancouver Island Speaks avec Meghan Murphy, où elle a raconté l’histoire de son annulation et présenté les connaissances et informations actuelles sur la manière dont l’industrie du genre nuit aux enfants.

Son article dans Quillette a ensuite été lu par Mia Hughes, auteur du rapport WPATH Files.

Le rapport bouleversant de Hughes pour le groupe de réflexion Environmental Progress a révélé « les erreurs médicales généralisées sur les enfants et les adultes vulnérables au sein de l’autorité mondiale de la santé transgenre ». Depuis la publication du rapport en mars, Hughes (également né en Grande-Bretagne, vivant au Canada) est apparu dans de nombreux programmes d’information et podcasts, ainsi que dans d’importantes conférences internationales en tant qu’orateur et panéliste.

A screenshot of a video thumbnail graphic. On the left, Mia Hughes with shoulder-length brown hair speaks into a microphone, shown against a dark blurred background depicting medical/surgical imagery (an operating room with bright lights and masked medical staff). On the right, in large bold white text, the graphic reads "LEAKED WPATH FILES." In the top left corner, a red rectangular label reads "TEASER," and at the bottom, a logo reads "AMERICAN THOUGHT LEADERS" with a small emblem icon.
Mia Hughes, auteur du rapport WPATH Files, sur l’émission « American Thought Leaders »

Après que Hughes ait lu l’histoire de Dixon dans Quillette, Dixon a été intégré à la nouvelle organisation de Michael Shellenberger, Civilization Works, en tant que directrice du développement et des événements.

Dans son nouveau rôle à ce poste prestigieux, d’envergure internationale, il est certain que que les bases créatives de Dixon sera bien exercé et élargi au-delà de ce qui lui a été permis avec le Nanaimo Fringe Festival.

« Je veux encourager les gens à être courageux. Soyez des dirigeants courageux. Faites preuve d’intégrité. Nous devons construire des structures parallèles. »

 – Bryony Dixon

Dixon est désormais encore mieux placée pour générer et nourrir le type de libre pensée nécessaire à la construction des « structures parallèles » dont elle parle, comme celles des arts et de la culture. Des structures essentielles pour combattre le contrôle mental totalitaire (psychose de masse) qui ne sont pas limitées aux marges de la société, mais peuvent enfoncer les portes et prendre d’assaut les scènes tenues en otage par des idéologies intolérantes et exclusives.

Bryony Dixon participera à un autre événement Vancouver Island Speaks avec Meghan Murphy et Mia Hughes le 14 septembre 2024.

Qu’en est-il de l’art ?

Il est peu probable que Dixon perde ses tendances théâtrales alternatives et populaires. L’orientation de sa vie est profondément influencée par les compétences et les perspectives acquises grâce à sa formation de haut niveau en théâtre et en cinéma, ainsi que par ses talents et ses expériences en tant que créatrice, réalisatrice, productrice et mère.

Avec Freedombear, Dixon parle de la façon dont les confinements liés à la pandémie et l’immersion en ligne ont eu un impact négatif sur notre capacité à communiquer et de la façon dont le théâtre peut aider à inverser la tendance :

« Nous savons au plus profond de notre âme… qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans la façon dont nous interagissons les uns avec les autres et dans la manière dont nous interagissons avec ce monde en ligne… Vraiment, pour en revenir aux interactions et aux connexions en personne… C’est une guérison, et le théâtre a la capacité pour faire cela… interagir les uns avec les autres, poser des questions, partager et créer et toutes ces choses merveilleuses. C’est vraiment inestimable, et nous devons le protéger et nous impliquer. »

– Bryony Dixon

Un lecteur de Quillette a commenté l’histoire de l’annulation de Dixon :

« Le théâtre et les arts en général ont un impact profond sur la société, mais ils le font d’une manière que personne ne comprend vraiment à l’époque. Ils ont des propriétés émergentes qui nous affectent subtilement au fil des décennies. » – Jonathan Andrews

En décembre 2023, Dixon a été invitée par une amie à présenter sa performance solo, « wo͝omən », au Free Play Café de Nanaimo. Il s’agit d’une présentation opportune et fascinante, sur une musique envoûtante de FKA twigs, sur l’effacement de la femme et la « performance » de la féminité.

Dans cette pièce, une femme « enlève son visage » à plusieurs reprises, tout en cousant un tissu qui finira par la cacher (l’effacer) complètement.

« Il s’agit en fait d’une mise à jour d’une pièce de performance que j’ai développée lorsque j’étudiais mon diplôme de premier cycle en art dramatique. Il est évident que le thème de l’effacement de la femme, pour moi, en termes d’inspiration divine, résonne. »

– Bryony Dixon
A photograph of a stage performance showing the backlit silhouette of a woam with long flowing hair, kneeling and reaching one arm upward while gripping strings or wires with both hands, set against a plain light-colored fabric backdrop illuminated from behind, creating a dramatic shadow effect. In the upper left corner, white text projected or overlaid on the backdrop reads a dictionary-style definition: "wom·an / ˈwo͝omən/ noun adult human female."
La productrice de théâtre annulée Bryony Dixon interprète sa pièce de performance solo, « wo͝omən », au Free Play Café à Nanaimo, en Colombie-Britannique, le 2 décembre 2023.
Source: https://www.youtube.com/watch?v=9NX4pydkU7s

Qui d’autre a été retiré du chapiteau ?

Dixon n’est pas le premier artiste de théâtre canadien à être annulé pour ne pas avoir respecté le scénario.

Sky Gilbert

En 2018, Sky Gilbert (dramaturge, romancier, poète, cinéaste, réalisateur, acteur, drag queen, comédien, professeur) a fait l’objet d’une annulation publique sur scène.

A photograph of an indoor discussion event or panel taking place on a small stage area with exposed pipe railings and string lights hanging from the ceiling. A rectangular table with a white tablecloth is set up with microphones, water bottles, and glasses, around which several people sit facing each other in dialogue, including a person in a blue sweater and a person in dark clothing at the near end, with two more people at the far end of the table. Additional audience members sit and stand around the perimeter of the room in stadium-style seating and along the sides, watching the discussion. Signage reading "EXIT" in red is visible on the wall in the background, along with a partially visible sign reading "... IN BAD TIMES THEATRE" and "EMERGENCY EXIT ONLY."
« Au moins100 personnes se sont rassemblées à Buddies in Bad Times pour animer une longue table, « un forum public expérimental développé par l’artiste de performance lesbienne Lois Weaver pour discuter des questions intergénérationnelles et des alliances au sein de la communauté queer ».— Buddies hosts tense and emotional forum after cancelled play reading, Now Toronto, 20 novembre 2018.

Gilbert est le fondateur renommé du théâtre gai et lesbien le plus important du Canada, Buddies in Bad Times Theatre. Il en a été le directeur artistique depuis près de deux décennies, avant de prendre sa retraite en 1997 pour poursuivre son parcours créatif et universitaire. Il est titulaire d’un doctorat de l’Université de Toronto et a été titulaire de la chaire de recherche en création littéraire et en théâtre à l’Université de Guelph. Ses réalisations et ses contributions à la scène artistique et culturelle du Canada sont vastes et importantes, ce qui lui a valu de nombreux prix prestigieux, dont trois prix Dora Mavor Moore.

Gilbert a été annulé pour avoir publié sur son blog un poème intitulé I’m Afraid of ‘Woke People qu’il avait écrit en réponse à un livre d’un auteur transgenre, Vivek Shraya, intitulé « I’m Afraid of Men ».

Extrait de « I’m Afraid of Woke People » de Sky Gilbert :

A screenshot of blog post body text on a cream/beige background. The text reads: "I'm afraid of 'Woke People' because my intersectionality does not have enough intersections. I'm afraid of 'Woke People' because our very human imaginations may not be able to survive the rigorous scrutiny of social justice. I'm afraid of 'Woke People' because I'm afraid they will kill art. You see I believe (gulp!) that we should try and love everyone, even (gulp!) the people who hate us. I'm afraid of 'Woke People,' because — I'm sorry. Because I'm sorry I exist." Below the text, a gray footer bar reads "Posted by Sky Gilbert at 11:33" followed by small icons for email, Blogger, Twitter, Facebook, and Pinterest sharing.
« Dans le poème, Gilbert écrit que les soi-disant personnes éveillées font en sorte que les hommes homosexuels se sentent honteux d’eux-mêmes à travers « l’examen rigoureux de la justice sociale » — Buddies in Bad Times cancels reading over “highly problematic” poem, Now Toronto, 17 novembre 2018.

La pendaison publique de Gilbert a été diffusée en direct depuis la scène du théâtre Buddies sous la forme d’une « longue table » — remplie d’éléments rappelant une séance de lutte du PCC.

À part : d’ailleurs et ironiquement, cette technique expérimentale de « performance comme moyen d’engagement public » (ou d’exécution publique, selon votre point de vue) a été mise au point par l’artiste de théâtre et activiste Lois Weaver. Lois Weaver était la professeure de Bryony Dixon à l’université Queen Mary de Londres lorsque Dixon a créé sa performance, wo͝omən.

Dans son article de Quillette concernant son annulation, Watching My Own Excommunication—on a Facebook Video, Gilbert décrit une partie de ce dont il a été témoin en ligne :

 « Le thème le plus courant était que les gens ne se sentaient pas en sécurité, et il a été vaguement affirmé (ou, dans la plupart des cas, simplement supposé) que ma critique d’un livre était liée à ce sentiment de désespoir et de vulnérabilité. À ce qui, rétrospectivement, semblait être le point culminant de l’événement, une personne particulièrement dramatique a gémi, en larmes :
« En ce moment… assis dans cette pièce, je ne me sens pas en sécurité. Je… ne… me… sens… pas… en… sécurité. La maison n’était pas sûre. La cérémonie n’était pas sûre… Je suis foutu. Où est un espace sûr ? »

 – Sky Gilbert

BLACKLISTÉ :

A black-and-white portrait photograph of a bald man with a goatee, standing outdoors in front of leafy foliage. He wears a dark sleeveless athletic top and has his arms crossed, revealing detailed tattoos on both forearms and upper arms, including floral, tribal, and figurative designs, along with a leather wristband and a ring. He looks directly at the camera with a neutral expression.
Je me battrai pour la liberté d’expression parce que je pense que « l’art » est très différent de la « politique ». Les deux doivent être entretenus, mais séparément. La poésie ne doit pas porter le poids de l’approbation ou de la désapprobation de la société.
— Sky Gilbert Says Goodbye to Buddies, 25 Novembre 2018

Gilbert a récemment été invité sur le podcast LGB Alliance Canada, où la distinction entre les droits de la communauté lesbienne/gay/bisexuelle (LGB) et les demandes du secteur transgenre/queer/plus (TQ+) est bien contextualisée. Au début de la discussion, Gilbert parle de son incertitude à en venir au dialogue avec ce groupe que certains membres de sa communauté artistique considèrent comme suspect.

L’animateur Arty Morty souligne que la mission de LGB Alliance Canada est de « protéger les droits des personnes attirées par les personnes de même sexe en engageant un dialogue respectueux et en partageant des informations scientifiques et factuelles ». La conversation se déroule de manière constructive, humoristique et intellectuelle, avec le type de drame, de profondeur et de surprise que l’on attend du Dr Sky Gilbert.

« Sky nous emmène sans crainte dans des sujets tels que les bloqueurs de puberté, l’homophobie au sein de la communauté trans, le drag, l’étiquette canadienne de « two-spirit », l’autogynéphilie, les parents qui préfèrent avoir un enfant trans qu’un enfant gay, les stéréotypes de genre/la socialisation/la question de la nature contre l’éducation, le spectre croissant de la censure totalitaire et la loi draconienne sur les préjudices en ligne proposée par le Canada. » — Notes de l’émission de podcast par LGB Alliance

Le fait que LGB Alliance et Sky Gilbert aient réussi à s’engager dans un échange d’idées respectueux et intrigant sur l’idéologie du genre et la guerre culturelle actuelle est un autre signe encourageant que les esprits s’ouvrent, même parmi les esprits les plus ouverts qui soient.

Libby Emmons

Une autre artiste de théâtre annulée est la dramaturge new-yorkaise Libby Emmons.

Emmons a également été annulée en 2018 par sa communauté théâtrale féministe pour avoir écrit et publié un article sur le transhumanisme dans Quillette.

A screenshot of a Quillette magazine article webpage. The bold black headline reads: "The Transhumanism Revolution: Oppression Disguised as Liberation." Below it, gray subtext reads: "The transhumanist perspective insists that humans have a distinctly separate mind and body, and that what happens to one need not affect the other." Below that, a byline reads "Libby Emmons" with "11 Jul 2018 · 10 min read" beneath it, alongside small share icons for Twitter, Facebook, LinkedIn, location, email, and link. The article's featured image below shows a woman's head, neck, and bare shoulders rendered in a faceted, geometric low-poly digital art style in white, silver, and blue tones, with dark makeup around the eyes, set against a dark blue gradient background; one hand is raised to touch the collarbone.
Titre et image de l’article de Libby Emmons dans Quillette —The Transhumanism Revolution: Oppression Disguised as Liberation.

C’est un article qui allait finalement lui faire perdre sa carrière théâtrale.

Emmons s’est entretenue en 2022 avec l’Independent Women’s Forum, On What Got Her Canceled in the Theater World and the Complicated Relationship Between Morality and Art. Elle répond à la question de savoir pourquoi les féministes avec lesquelles elle avait travaillé pendant de nombreuses années se sont retournées contre elle :

« C’était intéressant parce que les femmes avec qui je travaillais n’étaient pas forcément bouleversées par l’œuvre, mais par la réaction qu’elle avait suscitée. J’ai réfléchi à la question au fil des ans et je voulais faire preuve de beaucoup plus de compassion à leur égard.

« Je ne pense pas qu’ils aient été bouleversés par cette pièce. Je pense qu’elles ont été bouleversées par la réaction.

« Je pense qu’elles ont été bouleversées par ma détermination inébranlable et par ma défense de l’œuvre. J’ai refusé de m’excuser. »

« Mais le plus gros problème, je crois, et ce qui a mis fin à ma carrière artistique, c’est que parce que j’avais écrit cette pièce et qu’elle avait été publiquement dénoncée dans la communauté dans laquelle nous étions impliqués, comme dans tous les mots mauvais et phobiques, nous n’aurions pas eu de public par la suite. Et je pense que c’était là le problème. »

 – Libby Emmons

BLACKLISTÉE :

A black-and-white close-up selfie photograph of Libby Emmons with curly hair, glasses with thick dark frames in focus, looking directly at the camera with a slight smile. She wears a dark jacket with a strap crossing her chest, standing indoors near a staircase with a patterned tile wall visible in the background.
« Le chemin vers la rédemption est plus long si vous avez commis l’adultère que si vous avez trahi l’idéologie de gauche à laquelle vous étiez censé adhérer. » – Libby Emmons 
Source de l’image : https://www.listal.com/viewimage/24314158

Dans un rebondissement qui ravirait tout dramaturge souffrant du syndrome de l’écrivain, en 2021, Emmons est devenue rédactrice en chef du Post Millennial. Le Post Millennial se décrit comme « l’un des organismes de presse à la croissance la plus rapide au Canada et l’un des plus grands organes de presse conservateurs au monde ».

Aujourd’hui, la portée des enquêtes et des reportages de Lucie sur les problèmes liés au genre dépasse de loin ce qu’elle aurait eu si elle n’avait pas été radiée de la scène théâtrale indépendante de New York. Elle propose ainsi une autre tactique de lutte contre la psychose de masse : diffuser la vérité aussi loin et aussi largement que possible :

« Car la vérité est plus puissante que la fiction et les faussetés colportées par les prétendus dirigeants totalitaires, et leur succès dépend donc en partie de leur capacité à censurer la libre circulation de l’information. » 

– Academy of Ideas

C’est ainsi que nous le combattons.

Mesdames et messieurs : à vos places, s’il vous plaît.


Avez-vous, ou connaissez-vous des artistes ou créateurs qui ont été réduits au silence ou annulés pour leurs idées sur la défense des droits des femmes basés sur le sexe ou la protection des enfants ?

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